« Simple mortel » de Pierre Jolivet
Un excellent film français de science-fiction et sans effets spéciaux !
Ce film de science-fiction de 1991 est un véritable OVNI … cinématographique bien sûr. Il faut bien avouer que c’est un genre où les français ne s’aventurent que rarement, mais ici, force est de constater que le réalisateur et scénariste, « Monsieur » Pierre Jolivet, a réalisé une prouesse : sans doute l’un des meilleurs films de SF français. Un film injustement méconnu, mais les fans de cet œuvre, dont je fais partie, lui vouent un véritable culte. Une intrigue qui n’a rien à envier aux meilleurs scénarios de M. Night Shyamalan.
Bienvenue dans ma rubrique, « Le cinéma de papa », où j’aime vous faire découvrir des pépites qui ne sont plus diffusées à la télévision sur les chaînes généralistes gratuites destinées au grand public, ou alors sur des chaînes thématiques cinéma, et donc payantes, destinées aux seuls cinéphiles. C’est bien dommage, car ces films ne sont pas oubliés, ils sont écartés.
L’histoire
Un jeune universitaire, Stéphane (Philippe Volter), spécialiste des langues anciennes, reçoit des messages d’origine extra-terrestre en gaélique ancien, des messages venus d’ailleurs que seul Stéphane peut comprendre. D’abord sceptique, s’agit-il d’une blague ? Il va pourtant voir sa vie bouleversée par le pouvoir de ses interlocuteurs, car chacun des appels lui impose d’obscures épreuves à accomplir, de plus en plus difficiles. S’il échoue, une catastrophe survient quelque part dans le monde. Et si le destin de l’humanité était entre ses mains ?

La genèse
Pierre Jolivet ne voulait pas d’une star pour jouer le rôle principal, il ne souhaitait pas que le spectateur voit une célébrité, mais qu’il puisse s’identifier au personnage en voyant « Monsieur tout le monde » confronté à des choses extraordinaires. Le regretté et impressionnant comédien belge Philippe Volter s’en tire haut la main dans ce rôle en tenant le film sur ses épaules car il est présent dans toutes les scènes. Le réalisateur voulait également créer un film de science-fiction plus « littéraire », un peu à la manière de Ray Bradbury, et le pari est pleinement réussi. Il s’amuse à jouer avec les codes du genre en confrontant le réel, la vie quotidienne d’un héros malgré lui, au surnaturel, produisant un mélange étonnant et surtout très efficace.
LE CINEMA DE PAPA PAR JEAN-MARC WEYLAND
L’analyse
Pierre Jolivet a une très belle filmographie, et si ces acteurs fétiches restent Vincent Lindon et Roschdy Zem, mes souvenirs le concernant remontent bien plus loin lorsque, enfant, je le regardais à la télé dans « les visiteurs de Noël », où il formait avec son frère Marc le duo de clowns Récho et Frigo, de très bons souvenirs et j’adorais la chanson du générique. Avec « Simple mortel », son scénario original (et réellement original) mêlant science-fiction, fantastique et métaphysique, aurait pu être un excellent épisode de la série « La quatrième dimension » (et c’est un compliment !). Mais il ne suffit pas d’avoir une bonne idée, faut-il encore savoir l’exploiter, et c’est précisément là que le réalisateur frappe très fort. Il sait captiver le spectateur sans aucun effet spécial et nous entraîne, avec beaucoup de rythme, dans la descente aux enfers de notre héros. Les enjeux, dictés par cette voix venue d’ailleurs, deviennent de plus en plus importants et angoissants. Le cinéaste se contente de suggérer au lieu de montrer, et c’est là la grand force angoissante du film, on ne voit pas d’Aliens, ni aucune explosion de vaisseaux spatiaux, juste une voix, une simple voix extraterrestre sortant d’un poste de radio … quelle idée simple et remarquable. Il parvient à créer une atmosphère anxiogène qui contamine peu à peu le spectateur, le rythme monte crescendo, les rebondissements sont captivants et le suspens d’une redoutable efficacité, et on reste scotché par la scène finale. Un grand bravo au Chef opérateur Bertrand Chatry pour l’image soignée et un usage du Cinémascope totalement justifié pour donner l’impression que cet homme est minuscule face à l’immensité de l’univers, c’est assez ingénieux. En conclusion : un film de science-fiction français, réalisé avec peu de moyens, sans star, sans effets spéciaux… et pourtant une réussite totale.

Les seconds rôles
Les seconds rôles ne sont pas en reste avec l’excellent Christophe Bourseiller, que l’on avait l’habitude de voir plutôt dans des comédies comme PROFS , Courage fuyons, Nous irons tous au paradis, etc. Il est ici excellent en collègue et meilleur ami de Stéphane (Philippe Volter). Quant à Nathalie Roussel, notamment connue pour avoir joué la mère de Marcel Pagnol dans La gloire de mon père et Le château de ma mère, elle se montre tout aussi remarquable dans le rôle de la petite amie du héros. Sans oublier Roland Giraud, en expert en assurance, toujours très bon, le mot est faible.
Anecdote
La maman de Pierre Jolivet, la comédienne Arlette Thomas, y joue le rôle de la concierge. Sa voix nous est bien connue, car elle est une des reines du doublage en France puisqu’elle a doublé Shirley McLaine dans la plupart de ses films ainsi que Liza Minelli, Mia Farrow, et tant d’autres comme Kim Hunter … Le Dr Zira de la planète des singes ! Et cette dame a également bercé notre enfance, puisqu’elle prête sa voix aux personnages des dessins animés Calimero et Titi !! Chapeau bas Madame.
Comment le voir
Une fois de plus, il n’existe qu’une vieille édition DVD, devenue hors de prix. À quand une réédition ? Comment une telle pépite peut-elle tombée aux oubliettes ?
Bande annonce :
LE CINEMA DE PAPA PAR JEAN-MARC WEYLAND
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L’info en résumé
- « Simple mortel » de Pierre Jolivet est un film français de science-fiction sans effets spéciaux, mais remarquablement captivant.
- Le film suit un universitaire, Stéphane, qui reçoit des messages extraterrestres l’obligeant à accomplir des épreuves, mettant en danger l’humanité.
- Pierre Jolivet vise à rendre le héros accessible aux spectateurs, évitant les vedettes pour un acteur que tout le monde peut identifier.
- L’atmosphère angoissante se construit sans effets visuels majeurs, utilisant uniquement la suggestion et une voix extraterrestre pour créer le suspense.
- Le film mériterait une réédition car il est injustement méconnu malgré sa qualité et son originalité.




















































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