🗓️ Mis à jour le 9 juillet 2026
L’essentiel : Cet été, et si la personne dont on se rapprochait, c’était soi ? À travers Mel, une amie imaginaire au franc-parler cruel, CaroLyne débusque la petite voix intérieure qui nous malmène — celle qu’on n’infligerait jamais à un enfant ni à une amie. Sa proposition : s’offrir enfin un amour inconditionnel et faire de la trêve estivale un vrai retour à soi.
J’ai croisé dernièrement mon amie Mélanie, Mel pour les intimes, et elle s’est une nouvelle fois montrée surprenante.
Mel, c’est la maman presque parfaite en apparence, mais parfois ça dérape.
Comme le jour où elle a dit à son petit bout de 7 ans rentré de l’école épuisé et en pleurs : ‘Arrête de t’écouter et de te plaindre, la faiblesse ne mène nulle part. Tu te reposeras quand tu auras fini tes devoirs.’
Ah bon ?
Ou sa réflexion à Boubou qui s’essayait à ses premiers pas et trébuchait après 2 secondes : ‘Franchement Boubou tu me déçois. Tu es vraiment nul. Regarde les autres, ils y arrivent facilement.’
Ouf ! Faut l’entendre celle-là.
Son côté franco, j’en ai fait les frais aussi le jour où je lui ai dit, ravie, que j’avais décroché MON job de rêve. Sa réponse : ‘Mouais d’accord, mais redescends sur terre, n’importe qui aurait fait l’affaire. De toutes façons, t’emballe pas, je te donne six mois pour te planter.’
Je savais de qui ça venait.
Au BBQ où on s’est retrouvées, elle s’est montrée charmante à sa façon, avec son opinion non sollicitée : ‘Où t’as trouvé ce pantalon ? Il ne te va pas du tout. T’as vu tes fesses ? À ton âge, on ne porte plus des trucs pareils, c’est presque obscène.’
Mel ne changera jamais. C’est peut-être pour cela qu’on l’aime ?
Stop ! Pas la peine de continuer à se montrer outrée, Mel n’existe pas.
Par contre, moi, vous, votre voisine ou votre copine, nous existons bien. Et c’est E.X.A.C.T.E.M.E.N.T le type de réflexion que l’on se fait à soi-même, à longueur d’année.
Une question d’impunité totale ?
Scène à la sortie d’un aéroport : une femme pressée oblige un inconnu à porter ses 5 valises en courant sous le soleil brûlant pour attraper le taxi qui vient d’arriver…
Inconcevable n’est-ce pas ? On imagine d’ailleurs très bien l’accueil que cette dame recevrait. Mais on impose parfois ce genre de programme à notre propre corps.

Pourquoi s’inflige-t-on ce qu’on n’oserait jamais faire subir à un enfant, une amie ou un parfait inconnu ?
Quand nous parlons mal à une personne, ou que nous nous conduisons de façon inappropriée, nous avons conscience de l’agresser, de lui causer du tort, de le maltraiter.
Avec les autres, il existe une barrière salutaire : la politesse, l’empathie, l’amour, la peur du conflit, celle d’être rejetée, etc. Cela nous oblige à mettre les formes.
Mais personne ne nous défend face à nous, que l’on soit vraiment maltraitante ou pas, d’ailleurs.
Personne ne nous interrompt quand nous nous parlons mal.
Personne ne prend notre défense.
Personne ne nous dit : ‘Hé, ça suffit, tu dépasses les bornes’.
Étrange tout de même… Il suffit que la personne maltraitée soit nous, et soudain l’inacceptable devient presque normal. À croire que lorsqu’il s’agit de nous-mêmes, les règles changent.
On peut être devenu maltraitant envers soi parce que c’est ainsi qu’on progresse, par habitude, par mimétisme (répétant les exigences des figures parentales), ou parce qu’on pense qu’il faut faire passer les autres avant soi.
Et pourtant… l’unique personne qui nous accompagne à chaque seconde de notre vie, c’est nous. Autant être bien accompagnée pendant ce voyage, non ?
Question d’amour
Le challenge : s’aimer inconditionnellement, et se respecter soi-même.
Pour les mamans ou les mamans de cœur que nous sommes (et les papas), Bébé cristallisait tout l’amour dont nous sommes capables. Même devenus ados ou adultes, et en dépit des tempêtes de la vie, ils restent en empreinte dans notre cœur.
Là, on parle d’amour inconditionnel. Peut-on affirmer que l’on se porte cette qualité d’amour à soi-même ?

Comment ce serait, si nous pouvions nous aimer, tout simplement ? En ayant cette même affectueuse compréhension pour nos travers, nos errances, nos faiblesses et nos défauts, que celle dont nous avons fait preuve avec nos 8èmes merveilles du monde ?
Empathie, compréhension, ouverture ne sont pas synonymes de laisser-aller, de négligence ou de laxisme. Quand il y a à rectifier, on y met les formes lorsqu’il s’agit d’autrui. On tient compte des capacités de l’Autre. La preuve qu’on sait le faire.
Pourquoi je suis essentielle pour moi ?
- Parce que personne ne peut entretenir à votre place cette relation privilégiée entre vous et vous.
- Parce que la qualité de la relation que nous entretenons avec nous-même conditionne profondément notre vie : dans notre équilibre personnel comme dans nos rapports aux autres, dans l’impact que nous imprimons à l’existence de ceux qui nous côtoient, et dans l’empreinte que nous laissons dans la vie de ceux qui nous sont chers.
Un bébé n’a pas à mériter l’amour qu’on lui porte : il n’a aucune condition à remplir et sa seule existence suffit à ce qu’il inspire cet amour infini.
Il est possible de se repenser comme le bébé que nous avons été, tranquille, joyeux, passionné de découverte et avide de sensorialité. Il est possible d’ouvrir son cœur à soi-même, au bébé que nous avons été, et à ces qualités qui ne nous ont pas quittées en chemin. Comme nous le ferions pour un nouveau petit être que nous aurions la joie d’accueillir. Et de ‘nous aimer soi’ comme nous aimerions un tout petit.
Se rapprocher de nous-même
Pour s’aimer mieux. Pour s’aimer enfin.
L’été est une trêve idéale. C’est la saison où le rythme ralentit, où la charge mentale extérieure s’allège, libérant de l’espace pour autre chose. Et pourquoi pas pour nous-mêmes ?

S’écouter authentiquement. Refuser de s’oublier, de se mettre en retrait. Se demander : ‘ce que je fais en ce moment, est-ce que cela me plaît ?’
S’adopter soi-même comme partenaire pour le voyage de ces prochaines semaines, et pourquoi pas pour le reste du périple ? Et se questionner : quelle partenaire ai-je envie d’être pour moi-même ? Histoire d’être bien accompagnée.
Faire preuve de bienveillance envers soi. Si vous étiez en vacances avec votre meilleure amie ou votre enfant, vous chercheriez à leur faire plaisir, à respecter leur fatigue, à satisfaire leurs besoins et leurs envies de légèreté, non ?
Le bonus : ce qu’il y a de merveilleux dans tout cela, c’est qu’en se rapprochant de soi, on remplit notre réservoir d’amour pour les autres. Et on apprend à ceux que nous côtoyons à faire de même.
— CaroLyne, chronique Développement personnel
Questions fréquentes
Que signifie « se rapprocher de l’essentiel » cet été ?
C’est se donner la priorité à soi-même : s’écouter, se respecter et s’offrir la même bienveillance qu’on accorde spontanément à un enfant ou à une amie. L’été, avec son rythme ralenti, est une trêve idéale pour ce retour à soi.
Pourquoi est-on souvent plus dur avec soi-même qu’avec les autres ?
Parce qu’aucune barrière sociale — politesse, empathie, peur du conflit — ne nous retient face à nous-mêmes. On répète parfois, par habitude ou par mimétisme, des exigences héritées, jusqu’à trouver normal de se maltraiter intérieurement.
Comment commencer à mieux s’aimer ?
En se traitant comme on traiterait un être cher : reconnaître ses besoins, respecter sa fatigue, se parler avec douceur, et se demander régulièrement « ce que je fais, est-ce que cela me plaît ? ».
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