Entretien avec Monsieur Marcucci, réalisateur (cinéma) du futur tournage de « Fragments de mer ».

Entre mémoire enfouie et quête d’identité, « Fragments de mer » s’annonce comme un voyage cinématographique à la fois intime et universel. À travers le regard de Giovanni, un homme en quête de sens, le film explore les strates du passé, les silences de l’Histoire et les paysages vibrants du sud de l’Italie. À la réalisation, Monsieur Marcucci, dont la sensibilité artistique et l’approche humaniste promettent une œuvre à la fois poétique et engagée. Cinéma > Marcucci > Réalisateur > Entretien
Nous avons eu le privilège de le rencontrer avant le début du tournage pour évoquer la genèse de ce projet, ses choix narratifs et esthétiques, ainsi que les résonances personnelles qui traversent ce récit.

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Monsieur Marcucci, vous serez prochainement aux commandes du long métrage Fragments de mer. Avant d’entrer dans le vif du sujet, nous aimerions en savoir un peu plus sur vous…
Pour commencer, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Quel a été votre parcours, vos influences, et ce qui vous a mené à la réalisation de ce film ?
Je suis réalisateur et scénariste, avec un parcours qui commence dans les années 90 comme directeur artistique. Cette expérience m’a appris que l’image n’est pas seulement une forme, mais un langage émotionnel. Au fil des années, mes influences de Tarkovski, Kubrick à Fellini, en passant par Godard et la Nouvelle vague m’ont guidé vers un cinéma où la mémoire, le sacré du quotidien et les zones d’ombre de l’histoire se croisent. Fragments de mer est la continuité naturelle de ce chemin : un film où l’intime rejoint l’universel.
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Comment est née l’idée de Fragments de mer ? Qu’est-ce qui vous a inspiré cette histoire autour des Bronzes de Riace et de la mémoire collective ?
L’idée est née d’une fascination pour les Bronzes de Riace, ces silhouettes anciennes qui semblent surgir du passé pour interroger notre présent. Ils sont devenus, pour moi, un symbole de mémoire collective : ce qui remonte des profondeurs, parfois après des décennies, pour rappeler qui nous sommes vraiment. J’ai voulu raconter une histoire où un homme, comme ces statues, remonte lentement à la surface de lui-même.
Giovanni est un personnage introspectif, presque autobiographique. Est-il inspiré d’une personne réelle ou d’une expérience personnelle ?
Giovanni n’est pas autobiographique, mais il porte en lui une vérité intime : celle des moments où la vie nous oblige à regarder en arrière pour continuer d’avancer. Il est inspiré par toutes les personnes qui, arrivées à un tournant décisif, découvrent que le passé n’est jamais complètement passé.
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Pourquoi avoir choisi la forme du road movie ? Où se déroulera le tournage et sur quelle durée ?
Le road movie permet de montrer un esprit en mouvement. Dans Fragments de mer, le voyage extérieur reflète le voyage intérieur : chaque paysage devient un état d’âme. Le tournage se déroulera entre la Principauté de Monaco et la Calabre, dans plusieurs lieux calabrais que je préfère garder pour l’instant dans une forme de discrétion poétique. La durée prévue est d’environ cinq semaines.
Le récit alterne entre présent et souvenirs. Comment construisez-vous cette narration fragmentée tout en gardant fluidité et poésie ?
Je travaille la narration comme une respiration : le présent et le passé ne s’opposent pas, ils dialoguent. Les fragments de mémoire apparaissent comme des flashes émotifs, jamais explicatifs. La fluidité naît du rythme intérieur de Giovanni : ses pensées guident la structure, plus que la chronologie.
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Mémoire, vieillesse, vérité historique… quel message souhaitez-vous transmettre ?
Que la mémoire ne soit pas une archive, mais bien un moteur. Vieillir, c’est apprendre à reconnaître la vérité que nous avons laissée derrière nous. À travers Giovanni, je veux dire que revisiter son passé n’est pas un fardeau, mais une libération.
Le film aborde aussi l’immigration et la perte des racines dans le sud de l’Italie. Comment éviter le didactisme ?
Ces thèmes émergent naturellement à travers les rencontres de Giovanni, sans jamais devenir un discours. Je filme des visages, des silences, des lieux qui parlent d’eux-mêmes. Le message ne passe pas par une morale, mais par l’émotion.
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Giovanni et Fabrizio incarnent deux générations. Comment avez-vous choisi les acteurs ?
Giovanni sera interprété par Marcello Arnone, un acteur capable de transmettre une grande profondeur intérieure. Fabrizio sera incarné par Michaël Ingrassia, dont l’énergie et la sensibilité apportent un contraste précieux. Leur relation à l’écran sera construite sur l’écoute : deux générations, deux vérités, un même secret? Le film ne cherche pas à imposer un jugement, mais à observer. Giovanni traverse une période de fracture intérieure. Dans cette phase, la rencontre avec son vieil ami prêtre, incarné par Stéphane Ferrara, familier de Godard, devient essentielle et apporte une profondeur cinéphile et humaine au projet. À travers leur relation, j’explore un thème fondamental : la conscience du passé qui continue d’éclairer le présent. Nos actes, même anciens, trouvent toujours un écho dans ce que nous devenons.
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Quel rôle Fabrizio joue-t-il dans l’évolution de Giovanni ?
Fabrizio est le déclencheur. Il apporte une force vitale qui pousse Giovanni à se confronter à ce qu’il a longtemps fui. C’est un personnage qui ouvre les portes du passé, volontairement ou non.
La mer et les paysages du sud deviennent presque des personnages. Quelle symbolique leur attribuez-vous ?
La mer est un espace de transition : elle efface, révèle, transforme. Les paysages du sud, eux, sont la mémoire matérielle du film. Ils représentent ce que nous portons en nous, parfois même sans le savoir.
Une des scènes, dans une piscine, a une dimension onirique. Pouvez-vous en dire plus ?
Sans trop dévoiler : La piscine représente un espace suspendu, un ventre liquide entre la vie et la renaissance. C’est là que Giovanni comprend enfin qui il est. Une scène silencieuse, presque sacrée.

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L’approche alternative de distribution?
Notre cinéma c’est indépendant et donc on doit faire des choix courageux. Collaborer directement avec les salles et les coopératives signifie défendre un cinéma d’émotion, de proximité, sans filtre industriel. Je respecte énormément cette démarche.
Le mot de la fin ?
Fragments de mer est un film sur ce qui nous constitue : les cicatrices, les miracles, les souvenirs. J’espère que le public s’y reconnaîtra, comme dans un miroir d’eau. Il sera notamment tourné de manière positive, en une comédie poétique, avec, entre autres, Carlo Marcucci, Stéphane Ferrara, Marcello Arnone et Michael Ingrassia au casting.
Article, interview par Michel Fouarge pour Infolux.
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L’info en résumé
- Le film « Fragments de mer » explore la quête d’identité de Giovanni à travers un voyage émotionnel et poétique dans le sud de l’Italie.
- Monsieur Marcucci, le réalisateur, s’inspire des Bronzes de Riace pour symboliser la mémoire collective et l’introspection.
- Le film adopte la forme d’un road movie pour refléter le voyage intérieur de Giovanni, avec un tournage prévu en Calabre et à Monaco.
- Né pour évoquer la mémoire et l’immigration, le film se concentre sur les émotions plutôt que sur un discours didactique.
- La relation entre Giovanni et Fabrizio, interprétée par Marcello Arnone et Michaël Ingrassia, illustre le passage entre deux générations et l’importance du passé.
Table des matières
- Entretien avec Monsieur Marcucci, réalisateur (cinéma) du futur tournage de « Fragments de mer ».
- Pour commencer, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Quel a été votre parcours, vos influences, et ce qui vous a mené à la réalisation de ce film ?
- Comment est née l’idée de Fragments de mer ? Qu’est-ce qui vous a inspiré cette histoire autour des Bronzes de Riace et de la mémoire collective ?
- Giovanni est un personnage introspectif, presque autobiographique. Est-il inspiré d’une personne réelle ou d’une expérience personnelle ?
- Pourquoi avoir choisi la forme du road movie ? Où se déroulera le tournage et sur quelle durée ?
- Le récit alterne entre présent et souvenirs. Comment construisez-vous cette narration fragmentée tout en gardant fluidité et poésie ?
- Mémoire, vieillesse, vérité historique… quel message souhaitez-vous transmettre ?
- Le film aborde aussi l’immigration et la perte des racines dans le sud de l’Italie. Comment éviter le didactisme ?
- Giovanni et Fabrizio incarnent deux générations. Comment avez-vous choisi les acteurs ?
- Quel rôle Fabrizio joue-t-il dans l’évolution de Giovanni ?
- La mer et les paysages du sud deviennent presque des personnages. Quelle symbolique leur attribuez-vous ?
- Une des scènes, dans une piscine, a une dimension onirique. Pouvez-vous en dire plus ?
- L’approche alternative de distribution?
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