15 ANS DE PATIENCE
Présenté hors compétition, « Diamond » d’Andy Garcia nous emmène dans un monde entre la réalité et le rêve. L’actrice luxembourgeoise Vicky Krieps fait partie du casting aux côtés de Danny Huston et de Rosemarie DeWitt. A Cannes, Thibaut Demeyer et Brigitte Lepage.
Cela faisait quinze ans qu’Andy Garcia cherchait à monter son projet et à le financer « aucun obstacle ne peut être surmonté sans rêve. Mais, il faut rêver autrement, c’est certain, sinon vous n’y arriverez pas » a déclaré, lors de la conférence de presse, celui qui fût Vincent Mancini-Corleone dans « Le Parrain ».
« Diamond » n’est pas seulement un film noir, c’est aussi une œuvre romantique, d’amour et sur la perte « en 2005, j’ai réalisé mon premier film « Lost City » où l’on parle, entre autres, de la perte de la culture. Cela fait partie de mon éducation et de mon for intérieur. Comme dit le personnage Joe Diamond « j’ai un trou dans le cœur et il ne sera jamais comblé ». « Moi, c’est pareil » nous a confié l’acteur/réalisateur.

Qui est Joe Diamond ?
Joe Diamond est un détective privé pas comme les autres. Il vit hors du temps. Pas la peine de lui parler de selfie, de portable, d’ordinateur ou de réseaux sociaux. Même sa voiture est hors du temps actuel, il s’agit d’une Ford modèle année 50. Il a acquis ses lettres de noblesse en ayant résolu l’enquête du vol des flamants roses ! Sa nouvelle mission est de disculper la femme d’un millionnaire assassiné (Vicky Krieps, absente en conférence de presse). Mais derrière ses lunettes noires et son chapeau, Joe Diamond porte en lui un lourd secret.
« Casablanca » et « Chinatown » comme référence
« J’ai voulu faire un film sur un détective ancré entre la réalité de la vie et le rêve. Puis, je me suis concentré sur la dramaturgie qui immisce le détective dans la vie réelle. Une nuit, je me suis réveillé en pleurs avec cette idée, je me suis levé et j’ai écrit la scène » confie Andy Garcia. Ne spolions ni la scène, ni l’histoire, laissons le réalisateur s’exprimer « le film raconte l’histoire d’un homme qui perd quelque chose d’essentiel dans sa vie » précisant que « le style de « Diamond » correspond au genre cinématographique que j’aime. » Il est vrai que « Diamond » est une œuvre très personnelle car il ne souhaitait pas faire une analyse sur la société actuelle « c’est mon histoire que j’ai eu envie de partager » nous confie Andy Garcia dont les films préférés s’intitulent « Casablanca » et « Chinatown ».

Le cinéma dans les veines
Les sources d’inspiration d’Andy Garcia viennent de la littérature mais aussi du cinéma qui coule dans ses veines depuis tout petit « j’ai toujours aimé le cinéma. A 11 ou 12 ans, on a déménagé pour aller vivre à Miami. A midi, j’allais au cinéma pour voir parfois trois fois le même film. Je ressortais de la salle vers 22 heures pour rentrer à la maison à minuit. J’ai toujours voulu être acteur. Les films m’ont toujours fasciné. Ils me faisaient réfléchir sur la résonnance des acteurs, leur façon de parler. »
Les projets
A propos de son travail de réalisateur, Andy a une véritable ligne de conduite qu’il tient à respecter « tout change tous les jours et si on devait trouver un style qui m’est propre, c’est la similitude. Je vous raconte une histoire de manière classique car ce qui m’intéresse, c’est la composition, la lumière et diriger les acteurs. Je ne suis pas du genre à prendre la caméra à l’épaule, ce qui ne veut pas dire que je ne le ferai jamais. En tout cas, je n’ai pas peur d’échouer mais le plus difficile dans la fabrication d’un film, c’est de trouver le financement. »

A l’heure actuelle, aucune date de sortie n’est prévue mais cela n’empêche pas Andy Garcia d’avoir d’autres idées « j’ai d’autres projets et j’espère qu’ils ne mettront pas quinze ans avant de voir le jour » dit-il non sans humour pour conclure cette rencontre.
Propos recueillis par Thibaut Demeyer et Brigitte Lepage
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