Septembre 1944 : quand la 28ᵉ division américaine libérait le sud de la province de Luxembourg

Septembre 1944 : quand la 28ᵉ division américaine libérait le sud de la province de Luxembourg

🗓️ Mis à jour le 29 juillet 2026

🇺🇸 En bref — En septembre 1944, c’est la 28ᵉ division d’infanterie américaine, issue de la Garde nationale de Pennsylvanie et surnommée la « Bloody Bucket », qui libère le sud de la province de Luxembourg — de Muno et Chassepierre à Ethe, Houdrigny, Habay, Athus et Bastogne. Trois mois plus tard, elle se sacrifiera pour ralentir l’offensive allemande lors de la bataille des Ardennes.

✍️ Un article de Philippe Gruslin
Passionné d’histoire de la 28ᵉ division d’infanterie américaine, Philippe Gruslin retrace ici, sources et photos d’époque à l’appui, la libération du sud de la province de Luxembourg.

En septembre 1944, le sud de notre province a été libéré par la 28ᵉ division d’infanterie américaine. Cette division appartenait à la Garde nationale de Pennsylvanie. Chaque État des États-Unis possède une Garde nationale : une unité composée principalement de soldats réservistes, qui effectuent régulièrement des périodes d’entraînement afin de pouvoir défendre leur État ou intervenir en cas de problème (manifestations, sécurité, catastrophes naturelles…). En temps de guerre, la Garde nationale est intégrée à l’armée fédérale et peut être envoyée outre-mer.

La 28ᵉ division d’infanterie, la « Bloody Bucket »

La division a été mobilisée le 17 février 1941. Son insigne représente une clé de voûte de couleur rouge, la clé de voûte étant le symbole de la Pennsylvanie. Après sa formation sur le sol américain, elle est envoyée en Grande-Bretagne le 3 octobre 1943 afin de parfaire son entraînement.

Elle arrive en Normandie en juillet 1944 et participe à la difficile « bataille des haies », ainsi appelée en référence au bocage dans lequel se déroule une partie des combats. Elle libère plusieurs localités au prix de nombreuses pertes, dont les villages de Percy et Montbray. À cause de ces pertes et de la forme de son insigne — qui, avec sa couleur, faisait penser à un seau —, les autres divisions d’infanterie la surnommèrent « The Bloody Bucket », le seau sanglant.

La libération du sud de la province de Luxembourg

La division, renforcée par des éléments de reconnaissance du 85ᵉ groupe de cavalerie (dépendant de la 5ᵉ division d’infanterie), entre en Belgique le 7 septembre dans le secteur de Muno. Le même jour, elle déplore ses premiers tués : le sergent Perkies à Muno et le soldat Elmer Lacey à Chassepierre.

Chaque régiment de la division se voit attribuer un secteur : du nord au sud, le 110ᵉ, le 109ᵉ et le 112ᵉ régiment (voir la carte).

D’autres soldats tomberont encore sur notre sol lors de la libération, à Bastogne, Houdrigny, Habay-la-Neuve, Athus, et, juste après avoir passé la frontière, à Pétange, au Grand-Duché de Luxembourg. Après avoir libéré ce pays, la division entre ensuite en Allemagne, à hauteur du village d’Our.

Les difficiles combats de la forêt de Hürtgen

En octobre, la 28ᵉ combat dans la forêt de Hürtgen, à la frontière belgo-allemande. En un mois, elle perd 6 525 hommes sur un effectif de 14 500, soit près de 45 %. À la suite de ce taux d’attrition très élevé, elle est retirée du front et envoyée au Luxembourg pour se reconstituer, tout en défendant le secteur qui lui avait été attribué entre Diekirch, à l’est, et la frontière belgo-luxembourgeoise, proche de Saint-Vith, à l’ouest.

La division était commandée par le général Norman Cota qui, s’inquiétant d’un secteur trop étendu pour une seule division, avait demandé des renforts. L’état-major refusa, au prétexte que les Allemands n’étaient plus en mesure de lancer des attaques.

La bataille des Ardennes : « tenir jusqu’au dernier homme »

Ce fut là une grave erreur car, le 16 décembre 1944, les Allemands lancèrent leur offensive de la bataille des Ardennes. Devant l’ampleur de l’attaque, l’état-major décida d’envoyer les seuls renforts immédiatement disponibles : les 82ᵉ et 101ᵉ divisions aéroportées, stationnées à Mourmelon, dans la région de Reims, à plus de 250 kilomètres. Leurs objectifs étaient la ville de Bastogne et le village de Manhay ; il leur fallait 48 heures pour rejoindre leurs secteurs.

Il fut alors ordonné à la 28ᵉ division de « tenir à tout prix, jusqu’au dernier homme ». La division s’est donc sacrifiée pour ralentir l’ennemi : à titre d’exemple, le 110ᵉ régiment, qui se trouvait sur la route de Bastogne, perdit 2 750 hommes sur un effectif de 3 500. Une fois le repli autorisé, après deux jours de résistance, la division combattit à Sibret, Vaux-sur-Sûre et Neufchâteau. Une partie des hommes, isolés et encerclés dans Bastogne, y poursuivirent le combat.

La fin de la guerre

Après la bataille des Ardennes, la division fut envoyée dans le secteur de Charleville-Mézières durant trois semaines pour se reconstituer, puis dirigée en Alsace. Après la capitulation allemande, la 28ᵉ rentra aux États-Unis en juillet 1945 et se prépara à combattre dans le Pacifique. La capitulation japonaise et la fin de la guerre survinrent avant qu’elle ne soit renvoyée au front.

Ethe, septembre 1944 : le témoignage des habitants et le soldat aux gaufres

Le Musée des Guerres en Gaume, à Latour (Virton), possède plusieurs photos prises par des habitants lors de la libération d’Ethe, en septembre 1944. Elles montrent des GIs de la 28ᵉ division d’infanterie. Sur l’une d’elles, on voit un soldat américain photographié seul, tenant d’une main sa mitraillette M3 et, de l’autre, des gaufres offertes par un(e) habitant(e) reconnaissant(e).

Passionnés par l’histoire de la 28ᵉ division, mon fils Robin et moi avions posté ces photos sur la page Facebook consacrée à son histoire. Une Américaine et son frère ont eu l’immense plaisir d’y reconnaître leur grand-père, le GI isolé de la photo : il s’agit du PFC (soldat de 1ʳᵉ classe) Lewis L. Crawner, de la Compagnie I du 112ᵉ régiment d’infanterie.

Les descendants de ce soldat ont été particulièrement émus de découvrir cette image et de constater que nous n’oublions pas nos libérateurs. De notre côté, nous avons été très heureux de leur faire découvrir ce souvenir ; cela nous a aussi permis d’identifier plus précisément l’unité à laquelle appartenaient les soldats présents sur les photos.

Lewis Crawner était né le 18 septembre 1920 à Littlestown, petite ville — comme son nom l’indique — de Pennsylvanie. Au cours de la bataille des Ardennes, il fut blessé à deux reprises. Il est décédé le 30 novembre 2011 dans une ville au nom célèbre : Gettysburg, laissant derrière lui son épouse, deux enfants et sept petits-enfants.

👉 À suivre — Dans un prochain article, Philippe Gruslin évoquera les combats survenus à Habay-la-Neuve.

Se souvenir : le Musée des Guerres en Gaume, à Latour

C’est au Musée des Guerres en Gaume, à Latour (commune de Virton, en Gaume), que sont conservées la plupart des photos d’époque illustrant cet article. Consacré aux deux conflits mondiaux vécus dans la région, il perpétue la mémoire des combats et de la libération du sud de la province de Luxembourg. Un lieu à découvrir pour prolonger ce récit.

Questions fréquentes

Quelle division a libéré le sud de la province de Luxembourg en 1944 ?

La 28ᵉ division d’infanterie américaine, issue de la Garde nationale de Pennsylvanie, entrée en Belgique le 7 septembre 1944 par le secteur de Muno.

Pourquoi la 28ᵉ division était-elle surnommée « Bloody Bucket » ?

À cause de son insigne — une clé de voûte rouge, symbole de la Pennsylvanie — dont la forme et la couleur évoquaient un seau, et des très lourdes pertes subies depuis la Normandie : les autres divisions la surnommèrent « The Bloody Bucket », le seau sanglant.

Qui est le soldat américain photographié à Ethe avec des gaufres ?

Le PFC Lewis L. Crawner (Compagnie I, 112ᵉ régiment), identifié grâce à ses descendants américains après la publication de la photo. Né en 1920 en Pennsylvanie, blessé deux fois lors de la bataille des Ardennes, il est décédé en 2011 à Gettysburg.

Où voir les photos de la libération d’Ethe ?

Au Musée des Guerres en Gaume, à Latour (Virton), qui conserve plusieurs clichés pris par les habitants lors de la libération de septembre 1944.

📷 Crédits photos — Photos d’archives issues de la collection Philippe Gruslin et du Musée des Guerres en Gaume (Latour) ; portrait du général Cota : U.S. Army (domaine public). Reproduction soumise à l’accord des ayants droit.

À lire aussi en Gaume et à Ethe

Quiz visibilité web

Évaluez en 3 minutes votre niveau de référencement (SEO, GEO, AEO) et recevez un diagnostic personnalisé pour développer la visibilité de votre entreprise.

Étape 1 sur 5

Vos coordonnées

Indispensables pour vous envoyer votre diagnostic personnalisé.

Vos connaissances en référencement

Aucune mauvaise réponse — soyez honnête, le diagnostic n'en sera que plus juste.

1. À quel niveau évaluez-vous votre connaissance du SEO (référencement Google) ?
2. Avez-vous déjà entendu parler du GEO ou AEO (référencement dans ChatGPT, Google AI Overviews, Perplexity) ?
3. Savez-vous ce qu'est un Schema JSON-LD (données structurées) ?
4. Avez-vous une fiche Google Business Profile (Google Maps) active ?

Votre visibilité actuelle

Comment vos prospects vous trouvent (ou non) aujourd'hui.

5. Quand on tape vos services + votre ville sur Google, votre site apparaît...
6. Combien d'articles ou de pages de contenu publiez-vous par mois ?
7. D'où viennent vos clients aujourd'hui ?
8. Avez-vous installé Google Search Console + Google Analytics ?
9. Combien d'avis Google avez-vous ?

Vos objectifs

Pour orienter au mieux nos recommandations.

10. Quel est votre objectif principal sur les 12 prochains mois ?
11. Quel budget annuel pouvez-vous allouer à votre référencement ?
12. Quand souhaitez-vous démarrer ?
0
/ 100

Votre diagnostic

Recevez votre diagnostic personnalisé

Vincent Gallez (fondateur Info-lux) vous recontacte sous 24 h ouvrées avec un audit gratuit de votre visibilité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les infos de votre Région Gratuite Souhaitez-vous recevoir des notifications sur les dernières mises à jour ? Non oui