00:00:00Jingle IntroYou are listening to “The Podcast Factory Org”.
Présentation du Podcasthon
00:00:01Michel GodartBienvenue pour un nouvel épisode de votre podcast. Aujourd’hui, c’est un épisode tout à fait spécial puisqu’il rentre dans le cadre d’un événement annuel caritatif, c’est la quatrième année pour laquelle nous participons à cet évènement, j’ai nommé le “Podcasthon”. Et le podcast c’est quoi? C’est un événement caritatif mondial qui mobilise des milliers de podcasteurs et de podcasteurices au profit d’une grande, incroyable diversité d’associations. Entre le 14 et le 20 mars 2026, tous ces podcasteurs et podcasteurices, quel que soit le sujet de leur podcast, vont présenter une asso, mettre en avant leurs actions, leurs missions, les besoins et faire un appel aux dons. Auditeurs et auditrices qui nous écoutez, rappelez-vous et retenez, c’est important, ce podcast consiste à vous présenter les missions d’une association qui a besoin de vos dons. C’est le moment, plus que jamais dans un monde bouleversé par la géopolitique, d’être hyper solidaires et de penser que si on veut un monde meilleur pour nos enfants demain, c’est peut-être en étant unis et en collaborant ensemble qu’on peut changer le monde. Et face à moi, j’ai un invité que j’ai croisé chez transforma bxl qui se prénomme?
Le rêve d’adolescent
00:01:05Michel GodartGeoffroy, de ton rêve d’adolescent à ce jour, que s’est-il passé? Et puis surtout Geoffroy, la question est de voir si tu es aligné avec ce rêve actuellement, et peut-être aussi par rapport à ton rôle dans cette association que tu vas nous présenter?
00:01:17Geoffroy van KanMerci, merci Michel. Mon rêve d’adolescent, c’est un peu compliqué mais je crois que mon rêve d’adolescent était déjà, inconscient à l’époque et c’est clarifié ensuite, c’est tout simplement d’apporter un petit peu de bonheur à ceux qui m’entourent immédiatement. On sait faire des plans pour la planète, on sait faire beaucoup de choses, de projets grands, des petits gestes simples du quotidien qui donnent le sourire c’est assez sympa aussi.
00:01:37Michel GodartEst-ce que tu es aligné avec ce rêve alors finalement maintenant?
00:01:40Geoffroy van KanAh, complètement, même si j’ai pris des chemins détournés.
00:01:43Geoffroy van KanJ’ai étudié l’économie, j’ai été 23 ans en banque avec donc une vision très, très, capitaliste du monde, dans un rôle commercial. Je me suis développé plutôt pas mal puisque j’étais dans le top 5 % des vendeurs, mais avec une particularité: je suis toujours resté proche de mes valeurs, c’est super important pour moi. Et en fin de compte j’ai jamais eu l’impression de vendre, c’est ça qui quelque part était sympa, j’ai trouvé la combinaison entre le côté proche de ces valeurs et néanmoins efficacité professionnelle. Et c’était vraiment au détour d’un rendez-vous qui a fait la différence, où j’étais crevé, puis le client m’a ouvert la porte à une vraie vanne, et puis c’était sorti tout seul la vanne. Et je me suis dit “Mince, j’ai gaffé”, mais il m’a ressorti une vanne, on s’est écroulé de rire, et il est sorti de mon bureau en disant “Je ne pensais jamais qu’un rendez-vous chez le banquier, ça pouvait être aussi génial. Est-ce que je peux revenir la semaine prochaine?” Et donc…
Découverte d’une vocation
00:02:29Michel GodartTu t’es découvert une vocation?
00:02:31Geoffroy van KanDonc j’ai pas arrêté de déconner, tester. J’ai fait des erreurs aussi, on ne va pas se mentir, mais je suis toujours resté proche de ces valeurs et en cherchant à faire une différence. C’est là que tu vois qu’en cherchant à faire une différence, souvent tu y arrives.
Introduction de l’association CISV
00:02:40Michel GodartAlors petite parenthèse, on s’est aussi rencontré dans le cadre du BNI (Geoffroy van Kan: Tout à fait), puisque tu es aussi un membre du BNI (Geoffroy van Kan: Oui), c’est des gens sympa, on leur fait un petit clin d’œil au passage. Alors aujourd’hui, on va parler de ton rôle au sein d’une association, de quelles associations parlons-nous?
00:02:52Geoffroy van KanL’association s’appelle le CISV. Au départ, cela voulait dire “Children International Summer Villages”, donc des camps d’été internationaux pour enfants.
Origine du CISV
00:03:01Michel GodartJe précise que chaque épisode a un thème dans cette année pour “The Podcast Factory Org”, c’est l’enfance, donc on est vraiment dans le thème.
00:03:07Geoffroy van KanOn est en plein dedans. Et tu parlais d’ailleurs de rendre un monde meilleur pour nos enfants, c’est exactement cela qu’on le fait mais on le fait d’une manière très spécifique. Je vais remettre le contexte très rapidement. Deuxième Guerre mondiale, beaucoup d’humains se sont réveillés en disant “Mais ce n’est pas possible que ça fait la deuxième fois qu’on se tape sur la figure. Il doit quand même y avoir des mécanismes pour empêcher ça”. Globalement, les mécanismes avaient toutes la même philosophie, c’est-à-dire si je connais mon voisin, j’aurai peut-être moins envie de lui taper dessus.
00:03:32Michel GodartC’est une bonne approche (Geoffroy van Kan: Voilà). C’est vrai qu’on est souvent en rejet par rapport à ce qu’on ne connait pas, et la peur vient de l’ignorance.
00:03:37Geoffroy van KanPlein d’associations sont créées: l’OTAN, les Nations Unies, l’OTAN étant à vocation militaire, mais les Nations Unies, AFS, Rotary Club… Et entre autres le CISV. Quelle est la particularité et l’unicité du CISV? C’est qu’on commence avec des enfants de onze ans. Pourquoi onze ans? Et c’est très, très, important, c’est une psychologue américaine qui a lancé le mouvement, en 1951. Parce qu’à onze ans, on n’est pas encore ado. C’est-à-dire qu’il n’y a pas encore de crise d’identité, on n’a pas encore de la résistance naturelle qui vient se mettre en surcouche, mais en même temps on est déjà extrêmement mature. Tu prends le journal d’Anne Frank, certaines des réflexions de cette gamine de onze ans, qui avait vécu l’horreur, sont d’une maturité exceptionnelle, et pourtant elle n’avait que onze ans. Ça permet de faire un travail de fond et la méthodologie est très, très importante. En ce sens que nous allons réunir des enfants de 12 à 15 pays différents, dans un même endroit pendant deux semaines à quatre semaines, à onze ans c’est quatre semaines. Tu vas avoir entre douze et quinze nationalités qui vont vivre ensemble par des jeux pendant 28 jours sans discontinuer. Qu’est-ce que tu remarques? D’abord, l’enfant de onze ans n’a aucun problème à ne pas parler anglais, je suis partie à onze ans, j’ai compris à ma troisième semaine ce que voulait dire en anglais “Do you understand?” Tu t’imagines mes trois premières semaines. Il n’y a pas de blocage inhérent à l’âge. Deuxièmement, la méthodologie va pousser à travers les activités à prendre conscience de certaines choses. Mais il est très important pour nous que ce soit l’enfant de onze ans qui apporte le contenu, donc nous sommes là en position d’animateur et de coach.
00:05:01Michel GodartFacilitateur un peu?
00:05:02Geoffroy van KanFacilitateur. Et nous allons permettre à l’enfant de tirer des conclusions qui sont excellentes, et qui permettent de se dire “Ben voilà, tu viens de nous apporter une leçon”. Ce qui est très important, c’est que les enfants sont propriétaires du succès du groupe.
Découvrir différences et points communs
00:05:14Michel GodartMais dans la guidance, vous leur donnez une intention? Et l’intention c’est de découvrir ce qui le différencie de l’autre et de finalement découvrir les points communs. Est-ce que l’énoncé dans l’intention ou vous laissez plutôt la magie se faire?
00:05:26Geoffroy van KanOn laisse vraiment la magie se faire, donc c’est clairement l’intention de base. C’est de passer des vacances dans un milieu international pour apprendre à vivre ensemble. Et donc pour être confronté aux différences et aux similitudes, parce qu’il ne faut pas l’oublier ça aussi.
Activités pour favoriser les rencontres entre enfants
00:05:38Michel GodartDonc ça, c’est ce qui est mis en évidence d’abord?
00:05:40Geoffroy van KanC’est ce qui est mis en évidence, ça se traduit dans toute la mécanique. Par exemple, l’une des premières activités du camp, c’est généralement de faire des sets de table personnalisés. Qu’est-ce qui va se passer? On va les distribuer aléatoirement pendant tous les repas. Ce qui veut dire que chacun, adulte comme enfant, ne sait jamais à côté de qui il sera assis et ce qui lui permet d’avoir des interactions avec strictement tout le monde en permanence (Michel Godart: Wow). Parce que le but, in fine, c’est aussi de travailler sur des activités à contenu. Mais nous ne pouvons pas travailler sur des activités à contenu si l’enfant n’a pas un sentiment de faire partie d’un groupe cohérent. Et donc il y a un moment où on doit construire ce groupe.
Les adultes et l’encadrement des camps
00:06:13Michel GodartAlors justement, à propos du groupe, tu viens de me parler de adultes et enfants avec les sets de table comme l’exemplarité (Geoffroy van Kan: Oui) et l’illustration de ce que vous faites en première étape, les adultes c’est qui alors? Tu parles d’un stage pour les adolescents de onze ans, enfin les préadolescents de onze ans, et le public cible est là. Maintenant tu parles d’adultes, ce sont les accompagnateurs, les moniteurs de stage?
Parcours éducatif jusqu’à 18 ans
00:06:31Geoffroy van KanOui, mais pas que. Je fais une mini digression, nous commençons à onze ans mais nous poursuivons à douze, treize, quatorze, quinze, seize, 17, 18 ans, on les amène un petit peu vers cette notion de citoyen actif du monde. Et donc, pour revenir sur ta question, oui, il y a plusieurs groupes d’adultes donc les animateurs facilitateurs sont les premières lignes, il y en a un par pays. Les pays invités viennent à travers la même configuration: deux filles, deux garçons, dans un monde idéal de onze ans, accompagnés d’un accompagnateur de 21 ans minimum.
00:06:57Geoffroy van KanNous avons sur le camp de onze ans, le village, douze délégations, douze accompagnateurs. Mais bien entendu ces accompagnateurs ils travaillent beaucoup pour faire de ce camp une réalité et un succès, ils ne savent pas tout faire tout seul. Comme ils viennent de l’international a fortiori, il y a déjà un staff local, généralement, ou principalement local, qui va trouver l’endroit de camp, qui va définir les règles de base générales, qui va prévoir de former très brièvement les adultes qui ne l’auraient pas été, qui va trouver des familles d’accueil pour le premier week end, pour que les enfants puissent aller…
Accueil des enfants et organisation locale
00:07:27Michel GodartAh oui, pour ceux qui viennent de l’étranger, puissent être loger.
00:07:29Geoffroy van KanÊtre logés et aussi parce que on réunit alors à ce moment-là les accompagnateurs pour les briefer sur le camp.
Camps organisés dans différents pays
00:07:33Michel GodartEt c’est ici en Belgique les camps? Où c’est à travers le monde, et vous gérez, d’ici en Belgique, partout dans le monde des camps.
00:07:38Geoffroy van KanC’est à travers le monde. La première chose que je dois dire pour introduire le sujet. Chaque pays va à la fois avoir un certain nombre de candidats participants à envoyer dans des camps internationaux, et chaque pays va ou non décider d’organiser un camp d’un certain âge, ou non. Toutes ces données-là sont récupérées par le Bureau international qui va faire ce qu’on appelle le football pool, c’est-à-dire qu’ils vont vérifier en fin de compte les entrées et les sorties. Nous avons autant de candidats de tel âge pour tel type de camp, et nous avons autant de propositions de hosting, donc d’organisation de camps dans tel et tel et tel pays. Et donc voici comment nous prévoyons de faire le puzzle.
Une organisation logistique complexe
00:08:10Michel GodartMais c’est une logistique de dingue que vous devez déployer.
Le rôle actif de la Belgique dans les camps
00:08:12Geoffroy van KanLogistique de dingue (Michel Godart: Ouais). Je peux le dire assez fièrement, la Belgique a un côté hyperactif, c’est-à-dire que nous sommes, au point de vue international, une association relativement petite comparativement. Mais par contre, nous avons la fierté d’organiser chaque année un camp au minimum.
00:08:26Michel GodartDonc très impliqué.
00:08:27Geoffroy van KanTrès impliqué. Nous avons organisé jusqu’à quatre camps avant Covid (Michel Godart: Wow), ce qui est encore plus énorme au vu des moyens. Mais avec un certain succès, et la Belgique a une bonne réputation dans le milieu international en termes de formation, en termes de compétences, en termes d’historique, en termes de kitchen staff, puisque ça on n’en a pas encore parlé. Mais donc voilà, on a cette fierté, vraiment.
Passion et engagement des bénévoles
00:08:44Michel GodartOn le ressent et on la ressent aussi avec ton sourire et ta passion, que les gens ne voient pas mais qu’on entend dans le micro je te rassure (Geoffroy van Kan: Rire). Donc moi j’ai compris quelle est cette association et ce qu’elle fait, donc elle organise des camps. J’ai compris la mission, l’objectif, est-ce qu’il y a des missions dont on n’a pas encore parlé? Et puis après on va passer à: ben on répond à un besoin, on l’a déjà identifié le besoin, mais on va parler du comment. Comment ça se fait en pratique? Au day-to-day, la gestion, les besoins, les financements? Parce qu’on va venir à ce sujet-là, puisque c’est un appel aux dons, on le rappelle.
Mission éducative et citoyenneté active
00:09:10Geoffroy van KanDe fait. Alors, oui il y a d’autres missions. Donc là j’ai parlé de la mission de départ, qui était d’ailleurs le point de départ historique en 1951 (Michel Godart: Voilà). Qu’est-ce qu’il se passe après, c’est qu’on n’a pas envie de lâcher des onze ans qui ont eu un an plein d’apprentissage personnel, avec un retour sur eux extrêmement positif, nous allons les accompagner dans d’autres types de camps qui ont tous la même intention, avec une dimension supplémentaire, c’est qu’au bout du compte, quand ils arrivent à 17-18 ans, nous voulons qu’ils soient capables d’être des citoyens actifs du monde. Qu’est-ce que ça veut dire citoyens actifs? Ça veut dire que ils doivent avoir des notions de leadership, ils doivent avoir des notions de dynamique de groupe, de gestion pacifique de conflits, de compétences que toute société, commerciale ou non, devrait avoir. Nous les donnons…
Leadership, dynamique de groupe et gestion des conflits
00:09:55Michel GodartPour respecter l’humain finalement, et ça va créer une espèce d’ambiance scout quelque part?
00:10:00Geoffroy van KanOui, sans le côté débrouillardise, mais dans le côté débrouillardise émotionnelle!
00:10:04Michel GodartC’est ça, l’intelligence émotionnelle.
00:10:06Geoffroy van KanC’est vraiment au centre de tout ce qu’on fait, et ce côté leadership. Ce qui est intéressant à noter aussi, c’est que autant nous leur donnons les compétences, autant jamais nous n’allons leur donner l’obligation. Donc je trouve ça très, très simple, très, très beau parce qu’on ne met aucune pression. Mais le jour où il aura son déclic, le jour où il dira “M’enfin je vois des choses que les autres ne voient pas, je suis capable de changer ce monde”. Nous sommes certains qu’il aura les compétences pour le faire.
Les quatre phases pédagogiques des camps
00:10:28Michel GodartGeoffroy on va quand même donner des explications sur le comment maintenant
00:10:31Geoffroy van KanJe vais te parler des camps internationaux, ce sera plus facile. Et pas du comment nous donner de l’argent ou nous aider en consultance. Les camps internationaux se passe systématiquement avec quatre phases. La première phase qui est très, très courte, qui dure un-deux jours, c’est ce qu’on appelle on fait des “Name games”. Donc je rappelle, tout passe par les activités, passent par le jeu, passe par l’action. Les “Name Games”, comme on l’entend, vise simplement à connaître le nom de chacun, mais le nom de tout le monde aussi. Deuxième phase qui commence au jour deux et qui va se prolonger pendant tout le camp, mais avec un focus spécifique pendant les deux premières semaines, c’est ce qu’on appelle le “Mix up games”. Je rappelle qu’on doit construire un groupe, le but c’est d’avoir non pas des groupuscules, ni une somme d’individus, mais une notion d’ensemble, où chaque individu sait qu’il fait partie du tout.
Construction de la cohésion de groupe
00:11:16Michel GodartCréer une cohésion.
00:11:17Geoffroy van KanCréer une cohésion. Nous allons durant la troisième phase tester cette cohésion avec deux types d’activités: des “Cooperation games”, ça se comprend et des “Trust games”.
00:11:27Michel GodartLa confiance et la collaboration
00:11:28Geoffroy van KanC’est ça (Michel Godart: Pour faire court). La collaboration, on va instaurer et ancrer la confiance, mais la confiance va être un indicateur. Pourquoi? Parce que la quatrième phase, c’est ce qu’on appelle des “Simulations games”. Et les “Simulation Games” donc on va les mettre dans une situation que le monde connait réellement. Alors on évite évidemment de les emmener dans une situation qui serait émotionnellement beaucoup trop chargée, mais on va quand même les titiller. Je te prends un exemple, personnellement une activité que j’aime beaucoup: “Rich and Poor”. Nous allons créer une activité qui va scinder le groupe en trois, on va avoir très peu de très riches, une classe moyenne relativement restreinte et beaucoup de pauvres. Et nous allons alors, à partir de là, organiser le reste des activités avec ce clivage. Par exemple le repas, le repas pour les extrêmement riches, ils vont être servis à table avec un menu, le repas pour la classe moyenne ben on va leur mettre les plats et ils vont se servir eux-mêmes, et le repas pour les pauvres c’est à peine s’ils auront des chaises et des tables. Alors ça a l’air un peu brutal comme ça, mais il faut savoir d’ailleurs que, dans cette activité, ceux qui s’amusent le plus ce sont les pauvres. Et ceux qui culpabilisent le plus, ce sont les riches. Donc en fait, il y a un peu un impact inverse par rapport à ce à quoi on pourrait s’attendre. Mais surtout, évidemment, on va contenir les émotions, on va guider les enfants autant que les adultes. Dans ces “Simulations games”, obligatoire d’avoir un débriefing. Puisque si tu n’as pas la leçon de l’apprentissage, alors ça percole (Michel Godart: Ça ne sert à rien et en plus…) beaucoup moins.
Importance du débriefing après les activités
00:12:50Michel GodartEt là c’est de la culpabilité.
00:12:52Geoffroy van KanEt en plus on a la force du groupe, il y a 48 enfants (Michel Godart: Wow). Il y a toujours des enfants qui auront mis le doigt exactement sur le vrai problème (Michel Godart: Sur ce qui fait mal), ouais. C’est ça qui est assez extraordinaire, attention je rappelle qu’ils ont onze ans, quand je parle de phases, elles sont évidemment entrecoupées de jeux où c’est purement sportif, délassement, où c’est bricolage. Parce qu’on ne peut pas maintenir des enfants de onze ans dans une tension émotionnelle, on doit les gérer, on encadre ça de manière correcte, mais on le fait quand même de manière consciencieuse pour qu’ils tirent les vrais apprentissages.
Méthode de coaching et réflexion personnelle
00:13:23Michel GodartEst-ce que vous leur donnez des boîtes à outils? Parce qu’on leur fait des prises de conscience, sur des notions de PNL programmation neuro-linguistique ou de communication non-violente? Pas aussi loin, mais j’exagère…
00:13:32Geoffroy van KanOui, mais pas (Michel Godart: Volontairement) en formation. Pas dans un espace de formation. Oui, pendant les débriefings, un bon débriefing se fait en quatre phases. Qu’est-ce que tu as vu? Qu’est-ce que ça veut dire? Comment tu le lis à ton quotidien? Et qu’est-ce que tu vas faire avec cette information? (Michel Godart: Ouais pas mal). Ça ce sont les quatre phases d’un bon coaching pour les emmener vraiment dans la citoyenneté active du monde. Et donc quelque part, on va tourner autour de ces quatre questions et les moduler, tout en insérant effectivement des phrasés telles que “Donc ce que tu dis, Andréa, c’est qu’en fait il faut vraiment faire attention à ça dans la vie? Mais c’est magnifique ce que tu dis Andrea” (Michel Godart: Ouais, je vois). C’est comme ça qu’on va approcher, idéalement, ça nécessite beaucoup de formation mais, c’est vraiment la vocation.
Reformulation et responsabilisation des enfants
00:14:08Michel GodartIl y a beaucoup de reformulation
00:14:10Geoffroy van KanIl y a beaucoup de reformulation pour que l’enfant soit propriétaire de son succès. Et c’est ça qui fait la force de cette association. Pour résumer, on emmène les individus à travers la formation d’un groupe, une fois qu’il y a le groupe, on crée la coopération et la confiance. Et on termine enfin par une phase entrecoupée de jeux fun évidemment, où ils vont réellement réfléchir à leur rôle dans ce monde et en tirer les conséquences. Je vais terminer par une chose, mais je me rappelle, alors je suis évidemment assez émotif comme personne aussi, assez idéaliste mais (Michel Godart: On est deux) voilà. Je me rappelle que, mon premier camp en tant que 21 ans, en fait je me suis effondrée en pleurs trois fois pendant le débriefing des activités, parce que tu avais un gosse de onze ans qui s’exprimait, dans une langue approximative qui n’était pas sa langue native, un point de correction, un point d’amélioration du monde, que moi du haut de mes 21 ans je n’avais jamais vu. Et ça, c’est extrêmement puissant, quand les enfants de onze ans t’apprennent la vie, c’est phénoménal. Et ils ont cette intuition qui fait qu’ils vont justement parler vrai et mettre le doigt sur les vraies choses.
Question sur l’impact des tensions géopolitiques
00:15:08Michel GodartAh ça me plaît beaucoup, merci (Geoffroy van Kan: Voilà). Alors là il y a une question qui est qui va être embarrassante peut-être, mais je suis désolé je dois te la poser parce que l’auditeur va se la poser aussi en t’écoutant. Tu dis: “Septante pays participent”. On connaît la géopolitique actuelle, on connaît les enjeux qui se passent, on entend au journal ce qui se passe entre les États-Unis, l’Iran, la Russie, la Chine. Est-ce que ces pays qui demandent pour être membres, finalement, j’imagine que la Russie pourrait être un des membres, voilà, avec ce qui se passe maintenant, est-ce que ça change la donne pour vous? Est-ce que tout d’un coup, alors que l’objectif c’est justement de dire “Qu’est-ce qui nous rassemble et ce qui nous ressemble quelque part?”, est-ce que là dans un contexte comme il est actuellement, on doit malheureusement dire “Bah oui effectivement la Russie cette année ne pourra pas participer, ou Israël ne pourrait pas participer”. Alors je provoque hein mais, je veux vraiment voir jusqu’où va le curseur du bon sens dans la démarche?
00:15:54Geoffroy van KanAlors un, tu fais bien, j’adore ta question parce qu’à un moment on doit donner la réalité de terrain. Deux, je vais répondre en deux temps mais cette fois ci en commençant par répondre à ta question. Oui, il y a un impact, indéniablement, on ne peut pas nier que les problèmes entre gouvernements ont des impacts au niveau personnel.
00:16:08Michel GodartDans votre organisation aussi?
00:16:09Geoffroy van KanDans notre organisation. Avec certains qui sont anti, d’autres pro, on a des camps. Là où quelque part on arrive à passer, je vais certainement pas dire au-delà, c’est impossible, on doit aussi gérer ces contraintes-là, mais qu’on arrive à traverser ce genre de crise, c’est que: nous sommes formés nous même à la gestion pacifique du conflit. Qu’est-ce qu’on va faire? Nous avons par exemple Israël, Jordanie, Turquie, nous avons (Michel Godart: La Russie est membres? La Russie est membre?), la Russie est membre, mais ce qu’on appelle une “Promotion association”, donc, c’est un tout petit pays, qui ne paye donc quasi rien comme cotisation mais qui ne vit pas très bien non plus (Michel Godart: Ouais), honnêtement. Effectivement, en Russie…
00:16:44Michel GodartUn petit pays, on s’entend, c’est un très grand pays…
00:16:46Geoffroy van KanD’un point de vue CISV (Michel Godart: D’un point de vue de l’assos), effectivement c’est pas vraiment un petit pays. Mais ça veut dire que, oui il y a des contraintes. Maintenant, ce qui est intéressant, nous avons trois régions dans le monde du CISV: Asia Pacific, The Americas, et Europe Middle East and Africa. Dedans, a fortiori nous avons les pays arabophones, et nous avons Israël, et nous avons l’Europe continentale.
00:17:07Michel GodartOuais donc on finit quand même par toucher l’objectif d’une manière ou d’une autre, c’est ça (Geoffroy van Kan: Ah oui, oui) que tu veux dire, voilà (Geoffroy van Kan: Alors…), exactement (Geoffroy van Kan: pas sans heurts) c’est important hein?
L’état d’esprit comme cadre commun
00:17:12Geoffroy van KanC’est là que j’aime bien ta question, pas sans heurts, je dois le reconnaître (Michel Godart: Ouais). Mais quelle est la différence? Là où en fin de compte au niveau gouvernemental on arrive à des situations de blocage, ici nous sommes tellement formatés pour essayer de comprendre d’abord les besoins de l’autre, que nous allons quand même réagir émotionnellement pour certains, c’est évident, on a tous nos propres opinions, et on doit se les respecter. Mais dans la méthodologie, dans l’approche de dialogue (Michel Godart: C’est le cadre qui va tout changer) Nous allons chercher à comprendre l’autre.
00:17:38Michel GodartC’est le cadre qui change tout en fait!
00:17:40Geoffroy van KanEt l’état d’esprit, toutes nos actions sont guidées par un état d’esprit.
Évolution de l’association au fil des années
00:17:42Michel GodartSi tu devais situer à un moment donné précis de l’histoire de l’asso où il y a eu une bascule, et vraiment c’est très clair et très précis comme mission, est-ce qu’il y a cette scission faisable ou non? C’est une pure révolution tranquille.
00:17:51Geoffroy van KanJe crois que c’est une pure révolution tranquille, ou alors je n’étais pas présent. Donc je suis présent depuis 20 ans, mais depuis 20 ans en fin de compte (Michel Godart: 20 ans déjà?) Ouais. Ben écoute j’ai 45 ans, je suis parti à onze ans, donc en fait même plus de 30 ans.
Geoffroy a lui-même participé à un camp
00:18:03Michel GodartTu as participé toi-même à ces camps?
00:18:04Michel GodartD’accord, je comprends (Geoffroy van Kan: À onze ans) mieux aussi.
Mission statement
00:18:06Geoffroy van KanOuais. Donc oui, il y a une évolution. Maintenant, nous sommes assis dans une cohérence stratégique énorme. Nous avons une mission, et le “Mission statement” est très, très claire, est notre guide, notre compas. Et c’est que nous éduquons et nous inspirons des actions pour rendre le monde plus juste, plus honnête, plus transparent. On a une mission éducative, pédagogique qui est annoncée. Nous avons une mission d’inspirer des actions, je rappelle l’absence d’obligation, mais d’inspirer des actions, pour faire que ça se passe mieux entre tout le monde.
Un bastions de démocratie
00:18:35Michel GodartMon dieu, mais c’est un derniers bastions de démocratie ce que tu es en train de décrire là?
00:18:38Geoffroy van KanOui, et pour ce faire, on a gardé aussi une cohérence à d’autres niveaux, c’est-à-dire que nous sommes apolitique, areligieux. Je n’aime pas dire anti hein? Je dis apolitique, pas religieux.
00:18:47Michel GodartOn est bien clair sur la nuance, oui.
Diversité culturelle comme richesse
00:18:49Geoffroy van KanVoilà, tout le monde vient avec son bagage, sa personnalité (Michel Godart: Sa culture), son identité culturelle (Michel Godart: Sa religion), sa religion aussi.
00:18:55Michel GodartMais c’est ça qui fera la richesse des échanges.
00:18:56Geoffroy van KanMais oui, évidemment (Michel Godart: Mais bien entendu). Si tu prends, pour prendre une image que j’aime bien, simplement la biodiversité, elle est beaucoup plus importante à la rencontre de deux milieux. Quand le champ jouxte la forêt. Nous sommes…
00:19:07Michel GodartEn permaculture on appelle ça l’effet de bordure, tu connais?
00:19:10Geoffroy van KanExactement. Et donc nous sommes dans cette diversité, nous sommes dans cette recherche de diversité, parce que pour nous elle est synonyme de richesse.
Intervention de professionnels et partenariats
00:19:16Michel GodartIl y a une question qui me vient à l’esprit, est-ce que vous vous entourez de professionnels, sur certains sujets? J’explique, moi quand j’entends que toutes les religions se côtoient et s’échangent, j’ai envie de dire que s’il y avait un professionnel de l’histoire qui serait là pour rappeler à certains, quels que soient les convictions et en le respectant, que l’histoire des textes vient du sanskrit, qu’il y a des racines communes. Tu vois, quand on commence à expliquer tout ça, est-ce qu’on n’a pas là un levier d’accélérateur encore plus puissant de cette reconnaissance de l’autre comme similaire et cet effet miroir qu’on veut créer? Parce que quelque part, ce que tu veux créer, c’est un effet miroir?
00:19:49Geoffroy van KanTout à fait. Ta première question, c’était est-ce qu’il y a un monde de professionnels qui l’entourent? On a eu des partenariats avec des universités, notamment à Newcastle, où il y avait le siège social. Nous avons eu, récemment encore, une intervenante externe sur la gestion de conflits. Et alors il faut bien se dire aussi que nous avons grosso modo 10-11000 volontaires (Michel Godart: 11000. Volontaire?), volontaire, au monde…
Réseau mondial de volontaires
00:20:08Michel GodartÀ travers le monde? Pas qu’en Belgique
00:20:09Geoffroy van KanÀ travers le monde.
00:20:10Geoffroy van KanEntre 40 et 100, dépendamment de si tu comptes les gens (Michel Godart: C’est pas mal quand même) en satellites ou les membres actifs, actifs.
00:20:15Michel GodartCe n’est quand même pas mal.
00:20:16Geoffroy van KanOui, tout à fait. Et chacun a son bagage, et donc on profite de ce bagage (Michel Godart: Ouais), on profite des spécialités, des expertises, des gens qui sont là, qui systématiquement vont la donner de manière gratuite parce que c’est la vocation de l’association qu’ils ont eux-mêmes reçu.
Engagement bénévole au cœur du projet
00:20:30Michel GodartC’est tous des bénévoles?
00:20:31Geoffroy van KanC’est quasi tous des bénévoles.
00:20:32Michel GodartQuasi tous des bénévoles.
00:20:33Geoffroy van KanTu imagines bien qu’à 11 000 personnes il ne peut pas y avoir que des bénévoles (Michel Godart: Ouais). Je te prends un exemple concret à nouveau. J’ai participé à trois formations “Train the trainer”, donc comment devenir formateur? La meilleure que j’ai eue est celle du CISV, elle m’a coûté pour une semaine de formation 600 €, ça incluait le billet d’avion, et le logement, et la nourriture, voilà. On a accès (Michel Godart: C’est accessible à mort) à ce genre de chose, mais le niveau est ultra professionnel. Je suis moi-même consultant à présent en vente et négociation, j’ai eu des activités ou des formations au niveau CISV, qui sont du niveau de formation que j’ai reçu, une formation certifiante, que j’ai reçue en vente, en négociation (Michel Godart: Dans le milieu corporate, dans le milieux corporate) pour lequel j’ai payé parfois 12 500 €, et ça m’a couté 600 €.
00:21:13Michel GodartOn est dans la qualité quoi.
00:21:14Geoffroy van KanOn est dans une super qualité. Et c’est grâce à deux effets, d’abord il y a le nombre, donc on s’est trouvé de la compétence. Et deuxièmement nous avons une volonté professionnalisante. Alors on reste dans un environnement de volontaires, mais ça veut dire que on va viser l’efficacité, on va viser la cohérence, la pertinence. Et quand tu vois le niveau de réflexion stratégique que l’on a, c’est digne des grosses sociétés corporate.
Question sur la visibilité de l’association – Podcasthon Belgique CISV
00:21:35Michel GodartAlors, je comprends votre mission première, tu l’as bien décrite. Ce qui m’intrigue, pour être honnête et transparent avec toi, et je suis ici pour faire votre promo, et vous faire connaître, et vous aider donc (Geoffroy van Kan: Merci) certainement pas… Loin de moi l’idée de nier ou de dénigrer ce que vous faites, mais ce qui m’étonne, c’est que c’est la première fois que j’en entends parler. On en entend pas parler dans les médias, en Belgique, très peu de gens en parlent. Est-ce qu’il y a un manque de ressources pour vous de vous faire mieux connaître? Parce que, c’est ça que je cherche à faire, est-ce qu’on doit identifier aussi, parmi les besoins que vous aurez, financiers par rapport aux dons, du bénévolat, qu’on puisse vous apporter de l’aide manuellement ou organisationnellement, structurellement ou par les logements ou la logistique, peu importe. Mais est ce qu’il n’y a pas une troisième forme d’aide dont vous auriez besoin, qui soit aussi de la com et une visibilité plus grande? (Geoffroy van Kan: Ahh) Parce que c’est un beau projet!
Impact du Covid sur le bénévolat
00:22:14Geoffroy van KanComplètement, complètement. Petit retour en arrière, il y a eu le Covid. Le Covid qui a empêché tout mouvement de population. Ce qui veut dire que, au niveau de l’association et au niveau mondial.
00:22:23Michel GodartVous avez été mis en suspens.
00:22:24Geoffroy van KanOn a été mis en suspend pendant deux ans (Michel Godart: Wow), le temps de trouver un peu ses marques. Mais ce qui veut dire aussi qu’il y a eu plein de volontaires qui se sont déconnectés (Michel Godart: Ah oui) mondialement, mondialement. La Belgique heureusement est un terrain très, très propice pour le monde associatif.
Les défis du fonctionnement associatif
00:22:36Michel GodartIl paraît que la devise belge c’est l’Union fait la force, donc ça pourrait être logique, si on la respecte
00:22:38Geoffroy van KanÇa pourrait se faire. L’autre chose c’est: il faut bien comprendre les systèmes de volonté uniquement. Il y a un cycle néfaste, dans des associations volontaires, si les choses ne sont pas bien gérées. Qu’est-ce que ça veut dire? Vous avez une petite équipe de dix personnes, qui sont hyper engagées. Et puis à un moment, il y a la 10ᵉ personne qui est rentrée, ou peut-être la première ou la cinquième qui va dire “Oh les gars, ma vie privée m’appelle ou ma vie professionnelle m’appelle, je vais devoir vous quitter” (Michel Godart: C’est l’effet PLOF). Et là, il y a deux réactions possibles.
00:23:04Michel GodartC’est l’effet PLOF possible.
00:23:05Geoffroy van KanC’est l’effet PLOF possible mais c’est surtout, là n’est pas le problème, le problème est dans la réaction. Si la réaction est “Ok, on a perdu le 10ᵉ membre, la place est vacante. Veuillez nous rejoindre. Est-ce qu’il y a quelqu’un qui est prêt?”. En général, ça fonctionne assez bien, ça prend entre trois et neuf mois pour que quelqu’un prenne la place, mais ça fonctionne. Mais ce qui se passe souvent chez les volontaires, c’est qu’on dit “C’est pas grave, il est parti, mais on va tenir la baraque”. Sauf que quand le mouvement continue, ce n’est (Michel Godart: On s’épuise alors) plus neuf, ça devient huit, puis sept, puis six. Et si on n’y veille pas, à un moment on devient surchargé (Michel Godart: Ouais c’est l’épuisement, c’est l’épuisement) on tient, on tient, on tient. Et après parfois dix ou quinze ans, ce qui est énorme, on part usés. On part heureux, on part avec un sentiment d’accomplissement, mais on part dans l’épuisement. Et c’est ce qui s’est passé juste après Covid aussi, parce que ça a beaucoup révolutionné aussi, quelque part, là on a perdu beaucoup de nos membres, et des membres prépondérants. Et en général, quand les comités de trois personnes implosent, ben c’est tout le monde qui part (Michel Godart: Ouais). On est reparti en 2023 avec une nouvelle équipe, nous avons mis quand même un temps avant de trouver, on est dans un monde de volontaires, tout le monde ne peut pas garantir X heures par semaine. Et donc quelque part, on est dans la situation maintenant où là on se stabilise au niveau stratégique.
Reconstruction et relance de l’organisation
00:24:17Michel GodartPuis c’est le phénix, ça redémarre, ça renaît de ses cendres (Geoffroy van Kan: Ça renait de ses cendres), c’est une belle image.
00:24:20Geoffroy van KanTout à fait. Et donc oui, pour répondre maintenant concrètement à ta question, la visibilité sera notre plus gros atout pour réunir du monde. On est prêt maintenant, on a assis une organisation que pour pouvoir dire “Ok, maintenant on peut accueillir du monde”. Parce qu’avant on ne savait pas non plus, on était en recherche interne de fonctionnement, on cherchait à se stabiliser. Et, la recherche de fonds, alors, elle est permanente. Fort heureusement, on a une situation qui est bien gérée, et donc quelque part nous ne sommes pas aux abois, mais par contre nous sommes en recherche permanente de fonds parce qu’un camp, ça coûte quand même entre 35 et 40 000 €.
Besoins en dons, bénévolat et visibilité – Podcasthon Belgique CISV
00:24:52Michel GodartOn va résumer ça. On ancre très fort dans l’esprit des gens qui nous écoutent, là, le besoin il est clair. On a besoin de dons parce que, financièrement, sans ce moteur argent ben peu de choses sont réalisables (Geoffroy van Kan: Tout à fait). Il n’y a pas une urgence mais il y a un besoin. On a besoin de volontaires, de gens qui s’engagent et qui comprennent la démarche intellectuelle et qui ont envie de s’y impliquer, parce que la démarche est belle, et on la souligne. Et on a besoin de visibilité, donc ça veut dire que si vous n’êtes pas, auditeurs et auditrices, en état de nous faire un don, il y a au moins une chose qui est gratuite, qui ne vous coûte rien, c’est de partager le podcast, de le diffuser, de le republier et de parler de cette association partout autour de vous. Ce sera la meilleure pub possible, ça c’est aussi une aide. Geoffroy, est-ce qu’on peut aussi parler de bilan? Est-ce que de temps en temps vous faites un bilan, vous pouvez dire voilà autant d’enfants ont été accompagné, tu peux me faire un bilan global, de la situation actuelle?
Bilan de l’association en Belgique
00:25:34Geoffroy van KanEn Belgique ou à l’international?
00:25:35Michel GodartJe pense que c’est peut-être mieux de commencer par la Belgique, déjà.
00:25:37Geoffroy van KanOui. Alors, bilan depuis 2023. Nous avons une équipe, je dirais douze-treize volontaires actifs. Ce qui veut dire qu’on a une grosse base solide maintenant que pour pouvoir porter tout ça. Nous avons là-dedans des compétences clés dans des postes clés, c’est super important parce que c’est souvent quelque chose qui est oublié dans le principe associatif.
00:25:56Michel GodartOuais, on ne fait pas de l’amateurisme.
00:25:58Geoffroy van KanBen, c’est-à-dire que, tu fonctionnes avec la bonne volonté, et c’est très bien. Maintenant, il y a un moment où quand un chimiste est trésorier, il y a possible inadéquation, ou potentiellement peut-être que quelqu’un qui est plus un financier, évidemment, peut avoir beaucoup plus d’efficacité dans son travail. Le bilan c’est quoi? Au niveau adulte, on est bon, on est bon et on recherche spécifiquement maintenant deux personnes, un duo, qui vont faire du “Fun raising” spécifiquement. Au niveau jeunes, parce que c’est une association de jeunesse, n’est-ce pas?
Développement de la branche jeunesse
00:26:22Michel GodartIl ne faut pas l’oublier.
00:26:23Geoffroy van KanVoilà, on a une branche jeune. La branche jeune est en redéfinition, c’est-à-dire que maintenant ils ont les membres, mais ils n’ont pas encore assez leur stratégie et leur organisation interne. Là, quelque part, notre job pour l’instant, c’est justement de leur donner des rails qui ne doivent pas suivre. À nouveau, on inspire des actions, mais on ne met pas des obligations, mais qui leur permet d’avoir un guide et de réduire leur charge mentale. Parce que souvent, des jeunes de quinze ans, ben en fin de compte ils ne savent même pas par où commencer pour créer une stratégie, ça c’est le côté jeune. Au niveau financier, on est bien, mais on reste en veille active. Au niveau IT on est complètement stable. Au niveau communication “Peut mieux faire”, ici c’est toi qui m’a donné l’opportunité du podcast et je t’en remercie encore mais, sinon, on n’a pas fait de recherche active par rapport à la communication externe. Au niveau des réseaux sociaux par contre, on est correct. Au niveau des finances, on est parfait. Je veux dire par là, la gestion financière. Et, quelque chose qui me tient très, très fort à cœur aussi, c’est qu’au niveau de la maturité et de la cohérence par rapport à notre propre mission, on est parfaitement dans les clous. Tu viens de m’entendre parler de différentes équipes IT, Communication, Fund raising, etc. Il faut savoir que chaque équipe a des néerlandophones et des francophones qui travaillent main dans la main.
Success story d’une jeune leader au CISV
00:27:32Michel GodartAlors pour la Belgique, qui se chamaille souvent sur ce sujet-là, pour ceux qui ne nous comprendraient pas, qui nous écouteraient au-delà de la frontière européenne francophone, ils comprendront qu’effectivement ça peut avoir un rôle important (Geoffroy van Kan: Tout à fait). J’ai envie de partager, pour tout doucement clôturer cet épisode, une success story. Est-ce que tu as une success story que tu aurais envie de partager? Un élément fort, où tu dis “Bah finalement quand je vois ça, je me dis que j’ai bien fait de me mettre dans cette asso”.
00:27:52Geoffroy van KanOui, j’en ai une très, très, bonne. Nous avons des réunions internationales, puisqu’évidemment il faut non seulement cadrer, organiser, mais parfois aussi tout simplement se rencontrer c’est le but. Les camps ne sont pas forcément la seule activité internationale, les comités se retrouvent au niveau international. Dans ces comités ou dans ces réunions internationales, qui réunissent parfois jusqu’à 600 personnes, nous avons autant des juniors, des jeunes, donc la branche jeune dont j’ai parlé que des adultes, des seniors on va dire. Chaque jour, nous avons une demi-heure de débriefing de la journée. Ces débriefings sont systématiquement animés par un junior. Et j’ai eu l’occasion de participer à Cesenatico en Italie, à une réunion internationale. Et quand j’ai vu les capacités d’animation, de leadership et de bienveillance que cette junior, Laetitia de Roumanie, avait à 17 ans… Mais je me suis permis de lui dire “Mais tu vois, c’est pour ça que je fais du CISV (Michel Godart: Trop classe), pas parce que j’ai de l’espoir, mais parce que vous êtes déjà en train de prouver que ce pour quoi nous travaillons est réalité. Je peux quitter le CISV aujourd’hui, en tout état de sérénité, quand je vois le boulot que tu fais et comment tu le fais”.
Informations pratiques sur les camps
00:28:58Michel GodartOn la félicite aussi au passage. Moi j’ai encore 1000 questions en t’écoutant hein? Je voudrais savoir comment ça se passe un stage, il y a quelle activité? Mais on est limité par le temps. Ce qu’on fait, dans ce cas-là, c’est qu’on laisse l’adresse d’un site internet où on peut se rendre pour comprendre comment ça marche, quel coût ça représente, et puis où on peut aller, et qu’est-ce qui se fait dans les camps. Combien de temps il dure un camp en moyenne, en général?
00:29:18Geoffroy van KanEntre deux semaines, donc quatorze jours, et 28 jours.
00:29:20Michel GodartSouvent pendant les grandes vacances?
00:29:22Geoffroy van KanQuasi exclusivement pendant les grandes vacances.
Sites internet du CISV Belgique
00:29:23Michel GodartVoilà, ça c’est quand même deux informations qui étaient aussi pertinentes à donner tout de suite. L’url d’un site internet où on peut aller Geoffroy pour prendre toutes les infos qui nous manquent.
00:29:29Geoffroy van KanD’un point de vue international, donc explication de la mission, de qui sommes-nous, d’où l’on vient, le site “trois fois www point cisv point org” (Michel Godart: Logique), évidemment le meilleur, et c’est une vitrine absolument parfaite. D’un point de vue local belge, tout simplement “trois fois www point CISV point be”. Et là, il y a justement, dès l’entrée, un formulaire pour nous rejoindre, qui n’engage à rien, mais qui veut dire deux choses: “Je suis intéressé par avoir plus d’informations, et veuillez m’inscrire s’il vous plaît à la newsletter afin d’en savoir plus”.
00:29:59Geoffroy van KanEt à partir de ce moment-là, on prend le relais du côté humain, puisqu’on est des humains.
Message final pour encourager les dons – Podcasthon Belgique CISV
00:30:02Michel GodartJ’ai envie de te demander de clôturer cette interview par une phrase que tu aurais envie de dire aux auditeurs et auditrices pour leur donner le déclic de faire peut-être un don et d’être généreux avec l’asso, qu’est-ce que tu aurais envie de leur dire?
00:30:11Geoffroy van KanAlors j’ai une phrase parfaite, je n’y avait pas pensé mais elle est parfaite. C’est une phrase qui vient du CISV, qui dit tout simplement “Si tu penses que tu es trop petit pour faire la différence, essaie de dormir avec un moustique dans ta chambre”.
00:30:20Michel GodartRires – Haha j’adore! C’est mieux que l’image qui percole du colibri ça!
Clôture de l’épisode
00:30:24Michel GodartElle est percutante. Sur ce bon mot de clôture Geoffroy, je te remercie. On mettra bien entendu dans le descriptif du podcast les informations complémentaires qu’on voudrait y ajouter, qu’on n’a pas pu dire au micro. Et puis surtout, j’invite les auditeurs et auditrices à remarquer que dans le texte descriptif du podcast, il y a un lien vers un répondeur vocal. Donc si vous nous avez écouté, vous pouvez cliquer sur ce lien et laissez un message vocal à l’attention de l’association, ou de Geoffroy, et de lui mettre un mot d’encouragement, un merci, une remarque, une question. On transférera, et si en plus, cerise sur le gâteau, vous dites dans l’enregistrement “Je veux bien qu’on partage sur les réseaux sociaux” et bien on pourrait bien retrouver votre voix en commentaire de ce podcast quand on va le publier. Merci à tous et à très bientôt, et soyez généreux.
00:31:04Geoffroy van KanMerci à toi Michel.
00:31:04Michel GodartCe projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL “The Podcast Factory Org”, avec le sponsor de “transforma bxl – Innovation Playground”, espace de coworking à Evere. Depuis janvier 2025, et pour cinq années, nous sommes aussi sponsorisé par “Plugin Company”, notre opérateur de bornes et de cartes de recharge privilégié. “The Podcast Factory Org” est très fier d’être membre de “KAYA” – Coalition des Écopreneur et Écopreneures, et de collaborer avec le “Love Health Center”. Vous retrouverez tous les épisodes de tous nos podcasts sur le site “What’s Your Story point be”. N’oubliez pas de vous abonner à notre chaîne YouTube @thepodcastfactoryorg, nous y proposons le podcast en format vidéo avec la transcription en sous-titres en plusieurs langues. Tous nos podcast PodBXL Transcription intégrale de l’épisode — horodatages cliquables vers la vidéo. © The Podcast Factory Org. Sous-titres et traductions disponibles sur YouTube @thepodcastfactoryorg.