Droits des enfants en Belgique : l’état des lieux 2026 d’Adèle Dachy (DEI) au micro de PodBXL

Droits des enfants en Belgique : l’état des lieux 2026 d’Adèle Dachy (DEI) au micro de PodBXL

🗓️ Mis à jour le 9 juillet 2026

Info-lux.com poursuit sa collaboration avec le podcast belge indépendant. Avec The Podcast Factory Org et son studio bruxellois PodBXL, animé par Michel Godart, voici un épisode enregistré pour le Podcasthon Belgique 2026 : une plongée sans détour dans l’état des droits des enfants en Belgique, avec Adèle Dachy (Défense des Enfants International).

Épisode #536 · hrmeetup

Droits des enfants en Belgique : l’état des lieux 2026 avec Adèle Dachy (DEI)

🎙️ Invitée : Adèle Dachy, Défense des Enfants International — section Belgique

Michel Godart interviewe Adèle Dachy (DEI Belgique) au studio PodBXL
Michel Godart reçoit Adèle Dachy (Défense des Enfants International Belgique) au micro. © The Podcast Factory Org

Les droits des enfants sont-ils réellement respectés en Belgique aujourd’hui ? À l’occasion du Podcasthon 2026, Adèle Dachy, responsable communication chez Défense des Enfants International (DEI), dresse un état des lieux sans détour : violences éducatives ordinaires, exploitation des mineurs, justice mal adaptée aux mineur·es, enfants en situation de migration, mineur·es privé·es de liberté, impact du numérique et des algorithmes.

Elle pointe un constat clair : un recul des droits humains, la banalisation de certaines violences, un tabou persistant autour de l’inceste et de l’exploitation sexuelle, et l’absence de statistiques fiables sur certains phénomènes.

Mais l’échange ne s’arrête pas au constat. Adèle Dachy présente aussi les leviers d’action concrets : plaidoyer politique, formation des professionnels, recherches de terrain, actions stratégiques en justice et sensibilisation du public. Une question traverse tout l’épisode : « et si c’était nous ? »

🛡️ Le lieu de la parole : Défense des Enfants International — Belgique

DEI Belgique agit pour faire respecter la Convention internationale des droits de l’enfant, aux côtés de réseaux comme ECPAT. Plaidoyer, formation, recherche et actions en justice : autant de moyens de faire avancer concrètement les droits des plus jeunes. Le podcast « Une vie sur pause » donne d’ailleurs la parole aux familles vivant en centres d’accueil pour demandeurs d’asile, sans voyeurisme et avec humanité.

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Un studio bruxellois au service des voix qui comptent

Le studio d'enregistrement podcast de The Podcast Factory à Bruxelles
Le studio bruxellois de The Podcast Factory Org, chez transforma bxl. © The Podcast Factory Org

Cet épisode est produit par The Podcast Factory Org (asbl-vzw) et enregistré chez transforma bxl. Il est disponible avec transcription complète et sous-titres traduits sur la chaîne YouTube @thepodcastfactoryorg.

🕊️ À écouter aussi

Dans le même cadre du Podcasthon Belgique 2026, PodBXL a reçu Geoffroy van Kan (CISV) : quand des enfants de 11 ans apprennent à construire la paix. Et pour mieux connaître l’artisan de ces podcasts : le portrait de Michel Godart.

Transcription intégrale de l’épisode

📝 Lire la transcription intégrale — droits des enfants avec Adèle Dachy▼ déplier
00:00:00
Jingle IntroYou are listening to “The Podcast Factory Org”.
Introduction à l’épisode spécial Podcasthon "droits des enfants en Belgique"
00:00:01
Michel GodartBienvenue pour un nouvel épisode de votre podcast hrmeetup.©, votre podcast sur les passions au travail et les ressources humaines. Alors c’est un épisode très, très, spécial parce que, comme chaque année, nous sommes honorés de participer à l’événement “Podcasthon”, qui est une mobilisation internationale des podcasteurs et podcasteurices qui vont choisir une association qu’ils vont mettre en avant dans leurs épisodes, même si le thème n’est pas lié. Et le but de mettre ses assos en avant, c’est de mettre en lumière leur mission, leur travail, leur utilité, les besoins auxquels ils répondent et derrière de faire un appel aux dons, ça, c’est l’objectif de cet événement. Et donc la publication se fera entre le 14 et 20 mars 2026. Nous sommes en janvier, on enregistre un peu en avant. J’ai avec moi Adèle Dachy, bonjour Adèle
00:00:45
Adèle DachyBonjour Michel
Question du rêve d’adolescente et alignement
00:00:46
Michel GodartJ’ai une question fétiche pour démarrer nos podcasts, c’est la fameuse question du rêve d’adolescent, je prends toujours les gens un peu au dépourvu avec cette question, de ton rêve d’adolescente à ce jour, qu’est-ce que tu voulais faire? Et puis surtout, la finalité de la question c’est est-ce que tu es alignée aujourd’hui avec ce rêve?
00:00:58
Adèle DachyC’est une bonne question en effet. Quand j’étais adolescente, à vrai dire je n’avais pas les idées très claires sur ce que je voulais faire, je ne trouve pas ça très simple de choisir des études, je me suis orientée vers le journalisme, d’avoir la communication et puis le journalisme. Et après avoir fini mes études de journalisme, je me suis dit que c’était intéressant mais que finalement, je voulais mettre mes compétences en communication au service d’une cause qui me tenait à cœur. Du coup, après, j’ai fait un master en, ce qu’on appelle “Digital Media”, je le dis en anglais parce que je l’ai fait en Angleterre. Ça m’a permis d’avoir des compétences un peu plus pratico-pratiques et même techniques sur tout ce qui est montage vidéo, enregistrement vidéo, etc. Donc qui complétait un peu mes études de journalisme. Donc j’étais non seulement face caméra, mais aussi derrière la caméra. Et alors j’ai fait aussi un master en droit humain. Et donc en fait, tout ça m’a permis d’arriver là où j’en suis aujourd’hui, qui est de défendre les droits des enfants et de manière plus générale, de défendre les droits des personnes qui sont moins visibilisées dans la société et donc, je pense que clairement, les enfants en font partie.
DEI : un mouvement international
00:01:53
Michel GodartTu es alignée avec ton rêve, en plein dans ta mission aujourd’hui (Adèle Dachy: Je suis tout à fait alignée). Alors on va citer le nom de l’association pour lequel tu as choisi d’œuvrer et de te dévouer, parce qu’on parle de dévouement ici, c’est la “Défense des Enfants International”. Alors il y a un autre acronyme qui suit directement, tu vas peut-être m’en dire plus après, le CPAT mais on va voir ça plus tard ensemble. Premièrement, on t’a présentée, ce qu’on va faire maintenant, c’est un peu présenter l’asso. Ça c’est important.
00:02:18
Adèle DachyTout à fait. Je travaille pour “Défense des Enfants International” comme tu l’as dit, et plus précisément pour la section belge. Donc c’est une ONG internationale qu’on appelle un mouvement mondial. C’est un mouvement qui en fait est présent dans une grosse trentaine de pays dans le monde. Et pourquoi mouvement? C’est parce que, en fait, chaque section, on appelle ça la section au niveau national, a ses priorités, évidemment, puisque ça dépend de la réalité du pays dans lequel on travaille.
Droits des enfants en Belgique et collaboration internationale
00:02:40
Michel GodartDonc vous agissez localement, dans le pays où vous êtes (Adèle Dachy: Tout à fait). Si vous êtes en Belgique aujourd’hui, vous agissez en Belgique.
00:02:45
Adèle DachyEn Belgique, pour toutes les personnes qui sont en Belgique. Et alors la spécificité aussi du fait d’être un mouvement, c’est qu’on travaille en collaboration sur certains aspects (Michel Godart: Évidemment) avec nos collègues d’autres pays. Et donc par exemple, DEI donc “Défense des Enfants International Palestine”, on a beaucoup travaillé avec eux et on continue de travailler avec eux. En effet, c’est propre aux réalités du pays. Pour la section belge en l’occurrence. Et alors la spécificité du mouvement, l’objectif en fait, c’est de défendre et de promouvoir les droits des enfants. Et on se bat sur ce qu’on appelle la “Convention Internationale des Droits de l’Enfant”, cette convention a été rédigée pour dire, en substance, que tous les enfants, quels qu’ils soient, quel que soit leur background, quelle que soit leur réalité, ont les mêmes droits. Alors, c’est un texte qui a été approuvé et signé, ratifié pour utiliser le terme juridique, par pratiquement tous les pays du monde, sauf… Les Etats-Unis. C’est un texte qui a vraiment une portée internationale et qui est tout à fait reconnu au niveau international, c’est tout à fait notre boussole aussi à DEI. Notre mission, c’est que ce texte ne soit pas juste un texte théorique (Michel Godart: Oui) c’est que dans les faits, les droits des enfants soient respectés.
Violences éducatives « ordinaires » (VDEO)
00:03:46
Michel GodartOn comprend qu’il y a une organisation internationale qui est présente dans plusieurs pays, qui se dit il y a certainement des actions à prendre pour défendre ses droits et faire appliquer ces lois dans chaque pays, donc en Belgique. Cependant, est-ce qu’il y a eu un constat sur la situation en Belgique relatif justement aux droits de l’enfance?
00:04:00
Adèle DachyTout à fait. Donc on travaille sur différentes thématiques, en Belgique. Je vais un petit peu schématiser parce que, évidemment, on n’a pas forcément le temps d’aller dans absolument tous les détails. Mais si je schématise, on a quatre grandes priorités au niveau des thématiques, qui sont des priorités qui bien sûr se recoupent. Donc, la première, c’est de lutter contre toute forme de violence envers les enfants, et Dieu sait qu’il y a énormément de violences envers les enfants, mais notamment dans le cadre de l’éducation. Il y a ce qu’on appelle les violences dites éducatives ordinaires, l’acronyme c’est VDEO pour ceux et celles qui connaîtraient, qui sont en fait des violences, qu’elles soient physiques, verbales, psychologiques, qui sont utilisés des adultes envers les enfants et qui sont tout à fait ordinaires, donc vraiment qui sont considérées comme normales ou (Michel Godart: Banalisées je dirais) banalisées, exactement.
Droits des enfants en Belgique, exploitation sexuelle des enfants
00:04:43
Michel GodartQuoi, la gifle du père ou de la mère qui se fâche.
00:04:45
Adèle DachyLa gifle mais ça peut être aussi traiter d’un surnom insultant, ça, il y a vraiment (Michel Godart: L’humiliation) humiliation exactement. Et les violences psychologiques, verbales, c’est… En fait ça regroupe vraiment énormément de choses, qui parfois ne paraissent pas si graves, entre guillemets, aux yeux de certaines personnes, mais qui non seulement ont des conséquences à court terme, mais aussi à long terme. Et donc là c’est vraiment un de nos chevaux de bataille, clairement, on travaille beaucoup sur ce sujet. Un autre sujet sur lequel on travaille beaucoup au niveau des violences envers les enfants, c’est les violences sexuelles envers les enfants et plus précisément l’exploitation sexuelle des enfants. C’est un…
00:05:16
Michel GodartEn Belgique?
00:05:16
Adèle DachyEn Belgique, donc tout à fait, et en effet…
00:05:18
Michel GodartC’est presque hallucinant de l’entendre, en 2026, c’est juste hallucinant.
00:05:21
Adèle DachyTout à fait. Et tu fais bien de poser la question, parce qu’en effet, c’est la première réaction que j’ai dans mon entourage quand je parle de ça, c’est que les gens se disent “Ah bon, mais c’est… En Belgique, on peut, il y a de l’exploitation sexuelle des enfants?”. Ben en fait, oui, c’est vraiment loin d’être des cas isolés. On peut en reparler tout à l’heure, mais en tous cas, c’est vraiment un sujet qui est au cœur de la société, mais qui est très tabou, sur lequel il est parfois difficile de travailler, mais aussi nécessaire
Tabou et banalisation médiatique
00:05:43
Michel GodartTabou malgré des affaires qui ont été dans la presse comme l’affaire Dutroux ou la marche avec les ballons blancs? Malgré ça, on est encore dans du tabou.
00:05:50
Adèle DachySi on écoute, ta question est asymptomatique (Michel Godart: Oui), on se rend compte qu’en effet, on en parle peu finalement. Oui, on parle des grands cas que tu viens de citer par exemple, mais en fait (Michel : Mais dehors très peu) en dehors de ça, très peu.
Cliché des milieux défavorisés
00:06:01
Michel GodartSouvent tu sais quand tu parles de ce genre de choses, on te dit “Oui mais tu sais, c’est les milieux défavorisés”, (Adèle Dachy: Alors pas du tout) est-que c’est une vérité ou un cliché?
00:06:06
Adèle DachyC’est une très bonne question, c’est tout à fait un cliché (Michel Godart: Ben oui, les violences sexuelles et l’exploitation sexuelle concernent absolument toute catégorie, si je peux m’exprimer comme ça, d’enfants. Ça, c’est vraiment quelque chose de très important à avoir en tête, parce que ça veut dire que toute personne est concernée, potentiellement concernée. Et donc que dans votre entourage, si vous réfléchissez, il y a forcément des gens qui sont concernés par ça. Ça concerne tout le monde, ça concerne toute la société (Michel Godart: Il ne faut pas chercher bien loin). Il ne faut pas chercher bien loin.
Fusion DEI Belgique et ECPAT
00:06:29
Michel GodartTu peux parler de la fusion et c’était quoi l’objectif (Adèle Dachy: Oui), qu’est-ce qui s’est passé?
00:06:32
Adèle DachyTout à fait. Donc on a fusionné en 2024 avec un autre mouvement international qui s’appelle ECPAT. ECPAT c’est le plus grand réseau mondial qui est dédié exclusivement à mettre fin à l’exploitation sexuelle des enfants, et il est présent dans 111 pays. DEI et ECPAT, les sections belges, ont fusionné en 2024 parce qu’on travaillait déjà ensemble depuis longtemps.
Droits des enfants en Belgique, enfants en situation de migration
00:06:52
Michel GodartEt puis vous êtes sur les mêmes missions, parce que ça rentre dans ce (Adèle Dachy: Exactement) qu’on va aborder par rapport à vos missions quoi!
00:06:56
Adèle DachyVoilà, en fait, on a voulu fusionner nos expertises, mutualiser nos expertises, pour parler d’une seule voix et être plus forts face à une réalité alarmante qui est vraiment au cœur de la société et qui, évidemment, concerne les droits des enfants. Si je reviens sur les priorités thématiques, il y a donc tout ce que je disais sur les violences. Une autre priorité thématique qu’on a, c’est les enfants en situation de migration. Comme je le disais, ça peut se recouper évidemment
Réalité belge et accueil des migrant·es
00:07:19
Michel GodartLe côté international fait sens parce que la Belgique étant censée être une terre d’accueil (Adèle Dachy: Exactement). Alors, on est censé être une terre d’accueil et quand on voit comment sont traités les migrants, il y a de quoi être interpellé. Parce que les enfants en plein hiver, au froid, dehors, il y en a, et on ne peut pas dire qu’on ne les voit pas ceux-là. Et là, il y a un tabou quand même.
Justice adaptée aux enfants : pourquoi ça coince
00:07:36
Adèle DachyTout à fait.
00:07:36
Michel GodartQuand vous donnez votre petite pièce à la sortie du magasin qui a un enfant sur les genoux d’un adulte, ne dites pas que l’adulte qui donne une petite pièce est inconscient, qu’un enfant là.
00:07:43
Adèle DachyNon, tout à fait. C’est vraiment, on peut en effet en reparler parce que c’est en lien du moins avec le podcast que j’ai sorti en fin d’année, dont on (Michel Godart: On va en parler tantôt en plus) parlait tout à l’heure (Michel Godart: Ouais, il y a un choix de sujets à développer là-dessus). Mais en effet, c’est vraiment aussi quelque chose qui est tout à fait prégnant dans la société. Donc si je récapitule, il y a les enfants en situation d’immigration, la lutte contre les violences envers les enfants, et on comprend qu’il y a des liens très clairs entre ces deux sujets. Un autre sujet qui nous tient fort à cœur, c’est la justice adaptée aux enfants. Donc, c’est à dire faire en sorte que le système de justice soit adapté à des enfants qui auraient commis ce qu’on appelle des faits qualifiés infractions, c’est le terme juridique pour dire voilà des infractions qui ont été commises par des enfants, qui doivent pouvoir être jugés à hauteur d’enfant, si je puis m’exprimer comme ça. Et donc, c’est à dire que les juges, les avocats, tout le personnel de justice doit être formé à travailler avec des enfants parce que, pour… Déjà pour les adultes le monde juridique c’est vraiment quelque chose d’assez complexe à comprendre pour des personnes qui ont être concernées par la justice parce que, pour X ou Y raison, on sait que c’est tout un monde, et que c’est pas facile à comprendre. Donc, imaginez-vous pour les enfants.
Témoignage sur divorces et justice
00:08:42
Michel GodartBen c’est lunaire. Et moi, si tu me permets une intervention, j’ai envie d’interpeller nos auditeurs et auditrices pour les parents qui seraient dans des situations de divorce où ça se passe mal. Je te garantis qu’il ne faut pas longtemps à chercher pour entendre des couples qui divorcent, où l’enfant est pris en otage, où la justice n’est pas adaptée, où les enfants sont pris dans du chantage entre les parents mais la justice ne fait pas forcément mieux et parfois prend position pour un des parents, joue de l’influence d’adulte. Dans mes proches, dans des gens que je connais, j’ai entendu des situations mais qui sont aberrantes quoi. Il y a une véritable souffrance et il n’y a pas de structures pour écouter et accueillir les enfants de façon constante, régulière et sur le long terme, c’est surtout ça le problème.
00:09:18
Adèle DachyTout à fait.
00:09:18
Michel GodartOn peut avoir des éléments, il ne faut pas dire “On va nier tous les acteurs qui font un super travail dans le milieu” mais, ce qui manque, on dirait que c’est la cohérence et le long terme. Je ne sais pas si c’est un constat que vous faites aussi?
00:09:27
Adèle DachyEn fait, exactement, le cas que tu prends ici, le cas d’un divorce de parents, ben l’enfant évidemment, au premier plan est tout à fait concerné.
00:09:32
Michel GodartC’est le plus banal, c’est le plus simple, (Adèle Dachy: Voilà. Mais, mais…) mais ça a des impacts.
00:09:35
Adèle DachyMais effectivement, c’est assez fréquent et donc il y a effectivement des impacts directement sur les enfants, et c’est quelque chose auquel on ne pense pas forcément souvent. Mais les enfants, j’ai parlé du fait qu’ils pouvaient être confrontés au système de justice quand ils sont auteurs de faits qualifiés infraction, ils peuvent aussi être confrontés à des systèmes de justice quand ils sont dans des familles qui sont dysfonctionnelles par exemple, et qu’ils doivent en dernier recours être placés dans d’autres institutions ou des familles d’accueil. On a parlé tout à l’heure des enfants en migration, ils sont confrontés à un système de justice évidemment!
Enfants vulnérables récupéré·es par des réseaux
00:10:03
Michel GodartIl y a une espèce de public, dans des cités sociales, qui repère ce genre d’endroit et qui traîne autour, et qui essaye d’accrocher ces jeunes. On cherche des mineurs pour la revente de drogue et de trafic de drogue, c’est quelque chose d’inconnu dans notre justice.
00:10:15
Adèle DachyC’est des enfants qui sont déjà vulnérables (Michel Godart: Exploités) et qui sont en effet plus à risque d’être exploités pour toutes sortes de choses, tout à fait.
Enfants privés de liberté
00:10:22
Michel GodartMais le sujet est vaste
00:10:23
Adèle DachyIl est extrêmement vaste. Et donc c’est pour ça que je dis “Si je schématise”, il y a cette question des enfants en situation de migration, des violences envers les enfants, on en a parlé, différents types de violence, justice adaptée aux enfants. Et le quatrième point, dans la schématisation des sujets sur lesquels on travaille, c’est les enfants qui sont privés de liberté. Alors les enfants privés de liberté peuvent être privés de liberté dans différents contextes.
00:10:43
Michel GodartLe mineur délinquant.
00:10:44
Adèle DachyNotamment, voilà.
Enfants en situation de migration : centres d’accueil et maisons de retour
00:10:45
Michel GodartMais ça peut être l’immigré qui sont enfermés en centre d’accueil, comme dans une prison.
00:10:48
Adèle DachyAlors voilà, je me permets de te répondre parce que justement, c’est pas dans des centres d’accueil qui vont être enfermés, c’est dans ce qu’on appelle des maisons de retour. Donc c’est assez technique, donc encore une fois, peut-être pas rentrer (Michel Godart: C’est une nuance que…) dans tous le détail.
00:10:58
Michel GodartNous, on n’a pas en tant que citoyen, mais qui est intéressante à développer (Adèle Dachy: Mais tout à fait), on veut le comprendre
00:11:01
Adèle DachyOui. Donc les centres d’accueil, on va en parler plus longtemps tout à l’heure puisque c’est le sujet de mon podcast, que j’ai sorti en 2025. Les centres d’accueil sont ouverts et c’est des centres dans lesquels les personnes qui demandent l’asile, et notamment les enfants, les familles.
00:11:14
Michel GodartPeuvent aller et venir.
00:11:15
Adèle DachyPeuvent aller et venir, c’est tout à fait ouvert et c’est des centres pour ça. Maintenant, il y a ce qu’on appelle les centres fermés où les personnes sont détenues, donc c’est fermé ça le dit, parce qu’elles n’ont pas le bon titre de séjour. Alors, il y a une petite subtilité ici, c’est que depuis 2024, les enfants ne peuvent plus être enfermés dans ces centres fermés, qu’on appelle centre de détention administrative pour avoir le terme exact, et grâce à du plaidoyer de la société civile et notamment de mon organisation, et c’est pour ça que je dis peut-être pas rentrer à ce point dans les détails, mais le fait est qu’ils peuvent être toujours être enfermés dans ce qu’on appelle maison de retour, qui sont en fait un peu des lieux de détention qui ne disent pas leur nom. Je vous invite à vous renseigner sur le sujet. Donc, pour les thématiques enfants en situation de migration, lutte contre les violences envers les enfants, justice adaptée, et enfants privé de liberté que ce soit pour des raisons liées à leur titre de séjour ou pour des raisons de faits qu’ils auraient commis, par exemple. Et on sait que les lieux de détention sont des lieux qui sont plus à risque de voir des dérives arriver, évidemment, puisque c’est des lieux qui, par définition, sont de détention et donc où peu de personnes peuvent rentrer. Et donc c’est aussi quelque chose d’important de contrôler ce qui s’y passe pour s’assurer que les droits de l’enfant sont respectés.
Plaidoyer politique expliqué
00:12:24
Michel GodartNotre asso est membre de la coalition “Kaya”, on fait du plaidoyer pour l’écologie, donc on sait un peu ce que c’est le plaidoyer. Pour le monsieur tout le monde qui nous écoute, c’est vraiment une action où on va aller titiller les politiciens, les stimuler, les interpeller sur des sujets graves et leur dire l’importance que ça a pour les citoyens qu’on représente, de respecter certaines choses par rapport à ça. C’est ça que vous faites, vous allez consulter les politiciens, les stimuler, les contacter.
00:12:46
Adèle DachyC’est effectivement ce que tu décris, c’est analyser les lois, les politiques publiques, se baser sur les observations du terrain et les conséquences qu’ont ces lois et politiques publiques sur le terrain concrètement, et revenir en fait vers les décideurs politiques pour leur indiquer les conséquences qu’ont ces lois et leur formuler des recommandations sur base du terrain, de ce qui se passe en réalité.
00:13:05
Michel GodartQuelle est leur réactivité par rapport à ça? C’est difficile, c’est un challenge?
00:13:07
Adèle DachyOui, en effet. Évidemment c’est un challenge, il y a énormément de sujets sociétaux à aborder. Et la question c’est de parvenir à être entendu par les bonnes personnes qui prennent les décisions. Mais c’est vraiment un levier d’action hyper important.
Formations pour professionnel·les
00:13:20
Michel GodartJe sais que vous faites aussi des formations?
00:13:21
Adèle DachyTout à fait
00:13:22
Michel GodartÀ qui elles se destinent, et tu peux m’en dire plus?
00:13:23
Adèle DachyOui, tout à fait, on a plusieurs leviers d’action, donc le plaidoyer politique comme on l’a mentionné. Les formations, elles se destinent vraiment aux professionnels, tous types de professionnels, qui travaillent avec des enfants. Puisqu’on défend les droits des enfants, il faut aussi parler aux personnes qui travaillent avec des enfants, aux adultes en l’occurrence qui travaillent avec des enfants. Donc ça peut être par exemple des magistrats, des policiers, des éducateurs, des travailleurs sociaux. L’objectif, c’est vraiment que les droits de l’enfant deviennent des réflexes pour ces professionnels et soient vraiment intégrés dans leur pratique.
État des progrès en Belgique
00:13:50
Michel GodartEt si on devait mettre un curseur d’une échelle de 0 à 10, on en est où en Belgique? Il est bon le curseur ou il est pas bon? Tu as une idée?
00:13:55
Adèle DachyJ’oserais pas mettre un chiffre, mais c’est sûr qu’il y a encore beaucoup de progrès à faire, c’est le moins qu’on puisse dire (Michel Godart: D’accord), très certainement. Au niveau des autres leviers d’action, la formation, le plaidoyer politique, on fait aussi beaucoup de recherches qui sont ancrées sur le terrain. Ce qu’on fait aussi c’est des actions stratégiques, en justice. Quand on voit que le plaidoyer ne fonctionne pas assez, on doit aller un cran plus loin, et c’est arrivé plusieurs fois qu’on aille en justice contre l’Etat belge. Notamment je parlais tout à l’heure des violences dites éducatives ordinaires, il faut savoir que la Belgique n’a pas de loi au niveau national contre les violences dans le cadre de l’éducation, spécifiquement
Inaction et violences psychologiques
00:14:28
Michel GodartOn parle de violences, tu l’as dit, psychique. Alors, dans la violence psychique, le cliché qui circule dans la société, de ce que j’observe, c’est beaucoup quand on parle de ces thèmes-là, on a l’image d’une action, d’une maltraitance, d’une violence verbale ou physique. Moi j’aimerais attirer l’attention aux auditeurs et auditrices, tu me diras si j’ai raison de le faire ou tort, je pense que l’inaction, faire semblant de ne rien voir, ou ne pas aider un jeune en détresse grave parce qu’il se fait harceler à l’école, mais je suis désolé c’est aussi de la maltraitance et de la violence. Alors je suis extrémiste ou?
00:14:55
Adèle DachyAlors, s’il y avait un message à faire passer, c’est que tout le monde a une responsabilité et que tout le monde a déjà entendu cette notion de (Michel Godart: Non-assistance) “non-assistance à personne en danger”.
00:15:03
Michel GodartEnfin tu vois, il y a tellement de sujets qui sont… C’est pas facile votre travail Oh là, là
Campagne « Grandir sans violence »
00:15:06
Adèle DachyC’est pas facile. Et j’aimerais souligner aussi, parce que, donc on essaye d’être constructif, il y a évidemment énormément de choses sur lesquelles faire des progrès. Tu soulignes des points vraiment importants et notamment, on parlait tout à l’heure de violences dites éducatives ordinaires. Moi-même j’ai déjà été confronté dans un bus ou autre, à un parent qui parlait pour le moins mal à son enfant, alors c’est pas de la violence physique mais c’est la violence verbale. Et en fait, sur le moment, et je suis sûr que ça arrivait à beaucoup d’entre-nous, on ne sait pas très bien comment réagir. Et spécifiquement sur ce sujet des violences dans l’éducation, il y a un peu cette idée que finalement l’éducation c’est entre l’enfant et son parent, mais jusqu’à un certain point. C’est à dire que le parent doit éduquer son enfant sans violence, alors, peut-être je peux préciser quelque chose à ce sujet-là? On a une campagne qui s’appelle Grandir sans violence, on a ce site “grandir sans violence point be”, qui s’adresse donc aux parents et aux professionnels de l’éducation. Et on sait que, en fait ce n’est pas facile d’éduquer un enfant, d’une posture ou d’une autre. Mais donc l’objectif ici, c’est vraiment d’être constructif et de donner des conseils pratiques, des numéros, des relais, etc. Sur : comment soutenir les personnes qui ont cette responsabilité d’éduquer un enfant. Et plutôt que de juste critiquer en disant “Ce que vous faites n’est pas bien”, les orienter plutôt vers quelque chose qui serait plus constructif et voilà…
00:16:16
Michel GodartVous agissez aussi au niveau des écoles? Parce que là je crois que c’est un lieu fertile pour passer des messages et changer la société.
Sensibilisation du public et parole des enfants
00:16:22
Adèle DachyJustement dans le cadre de Grandir sans violence, donc vu qu’on s’adresse aux professionnels de l’éducation, en effet il n’y a pas que les personnes qui travaillent dans les écoles mais, bien entendu tous les enfants passent par l’école, en effet, dans le cadre notamment de cette campagne on a travaillé avec eux. Peut-être juste pour compléter ce que je disais sur nos moyens d’action, donc pour résumer : formation des professionnels qui sont en contact avec les enfants, le plaidoyer politique, les recherches ancrées sur le terrain, des actions stratégiques en justice. Et enfin, et c’est ce qu’on est en train de faire notamment ici, la sensibilisation du public. Et ça, c’est vraiment au cœur de mon métier de responsable communication évidemment (Michel Godart: De la com) voilà. Parce que les droits de l’enfant ne concernent pas que les spécialistes et concernent toute la société. Dans tout ce qu’on fait, il y a un principe fondamental que je voudrais souligner, c’est qu’en fait on parle toujours de la parole des enfants et des jeunes. Les enfants sont impliqués d’une manière ou d’une autre et pas comme témoins, mais aussi comme acteurs, puisque évidemment on défend les droits des enfants, on ne va pas parler à leur place, on se base sur leur expérience, leur ressenti, et c’est vraiment quelque chose qui est au cœur de notre travail.
Difficulté de libérer la parole des enfants
00:17:20
Michel GodartQuand tu es victime en tant qu’enfant, tu as une énorme peur déjà au ventre de parler, ça c’est un aspect. Et la deuxième peur qui vient directement dans l’esprit d’un enfant maltraité, c’est… Parce que l’enfant est maltraité mais il aime ses parents, c’est ça le comble, parce que tant qu’il comprend pas il aime ses parents. Comment je fais pour oser parler à des gens que je ne connais pas? Même si je reconnais la violence envers moi, de mes parents et de ce qu’ils font, si j’ai peur qu’on fasse du mal à mes parents, genre on va les mettre en prison tu vois? L’extrême que l’enfant peut imaginer ,ou qu’on va leur faire du mal? Tu vois ce dilemme que l’enfant peut avoir quand il est victime?
00:17:51
Adèle DachyTout à fait, et c’est vraiment une très bonne question parce que, comme tu le dis c’est un des problèmes principaux, c’est que les enfants qui sont victimes de quelque violence que ce soit, c’est très difficile de parler. En tant que victime, c’est très difficile, imaginez-vous à hauteur d’enfant. Et donc c’est quelque chose qui est aussi au cœur de notre travail, donc je dis qu’on travaille beaucoup avec les enfants, avec leurs paroles, encore faut-il que leurs paroles soient là. Et on a des règles très claires pour notre travail, et on a notamment ce qu’on appelle une politique de protection de l’enfance, qui est concrètement un document d’une cinquantaine de pages qui indique comment, nous, en tant que professionnel, on doit travailler pour respecter des règles éthiques, des processus, etc. à suivre. Notamment, comme tu le disais, si un enfant se confie à nous, ou si un enfant se confie dans le cadre d’une activité qu’on mène, comment est-ce qu’on traite cette information? Où s’arrête le secret professionnel? Comment au mieux aider l’enfant? Etc.
Politique de protection de l’enfance
00:18:39
Michel GodartEt donc pour l’enfant, ça commence par gagner sa confiance, le rassurer sur ses inquiétudes qu’on devine, et lui faire bien comprendre qu’il peut vraiment se déposer sans risque, qu’il est dans un terrain sécurisé. Donc c’est la confiance, la sécurité à créer?
00:18:50
Adèle DachyTout à fait. Alors maintenant, c’est aussi encore un sujet, encore une fois, que je ne peux pas prendre le temps d’étendre aujourd’hui mais je vous invite à nous contacter si ce sujet vous intéresse, parce que c’est vraiment au cœur de notre métier. Et non seulement on se doit de le respecter, bien entendu, mais en fait dans l’idéal il faudrait que toutes les personnes qui travaillent avec des enfants aient cette politique de protection de l’enfance adaptée à leur travail (Michel Godart: Ces notions comprise) pour être capable de recueillir la parole des enfants, en effet.
00:19:13
Michel GodartEst-ce que le premier challenge c’est déjà pas, que pour appliquer une règle il faut d’abord la comprendre, cerner le but, l’objectif. Est-ce que là ça coince déjà quand vous faites des interventions?
00:19:21
Adèle DachyBen oui en effet, cette politique de protection de l’enfance dont je parle, c’est un texte de 50 pages, concrètement (Michel Godart: C’est ça, entre le texte et la réalité. Qu’est-ce qui se passe?), exactement. Moi, je ne vais pas relire ce texte tous les jours bien entendu. Et il faut, c’est bien beau que ce soit un texte, mais c’est comme ce que je disais sur la “Convention Internationale des Droits de l’Enfant” tout à l’heure, si c’est juste un texte et qu’il n’a pas de portée concrète ça n’a pas d’intérêt. Donc, c’est pour ça qu’on propose aussi d’accompagner des organismes dans la mise en place, et pas juste la rédaction, de ce type de politique de protection de l’enfance pour savoir comment faire pour que, concrètement, ça a un effet.
Présentation du podcast « Une vie sur pause »
00:19:49
Michel GodartOk, tu me tendait la perche tout à l’heure quand tu parlais de communication. Puisqu’on parle de communication, on peut étendre cette partie-là vers un sujet que tu vas aimer, donc on va parler de ton podcast.
00:19:57
Adèle DachyLe podcast que j’ai créé s’appelle “Une vie sur pause”.
00:20:00
Michel GodartPourquoi un podcast et pourquoi ce média-là?
00:20:02
Adèle DachyPourquoi une vie sur pause? Eh bien, c’est parce que il concerne la vie de personnes qui vivent dans des centres d’accueil pour demandeurs d’asile. C’est des personnes qui ont demandé l’asile ou la protection internationale à la Belgique après avoir fui leur pays d’origine (Michel Godart: D’accord). Ces personnes sont là en attendant, et c’est pour ça le “Une vie sur pause”, et leur vie est un petit peu sur pause parce qu’ils attendent la réponse de la Belgique.
00:20:23
Michel GodartOui, ils n’ont pas la décision encore.
00:20:24
Adèle DachyIls attendent la réponse de la Belgique à leur demande de protection. Et cette réponse, elle peut durer des mois, voire parfois même des années. Et donc on imagine, il y a des familles qui vivent là avec enfants.
00:20:35
Michel GodartEt ils ne sont pas scolarisés?
00:20:36
Adèle DachyIls sont scolarisés (Michel Godart: Ah, quand même, ok) ils sont scolarisés. Mais il y a des familles avec enfants, il y a aussi des enfants seuls, ce qu’on appelle les mineurs étrangers non accompagnés (Michel Godart: Wow). Donc ça, c’est aussi, encore une fois, tout un chapitre que je pourrais étayer, mais je vous invite encore une fois à consulter notre site parce qu’on explique vraiment pas mal, sur cette thématique notamment, ou nous contacter si vous avez des questions, bien entendu. L’objectif de ce podcast, c’est vraiment de donner la parole à ces personnes qui vivent dans ces centres, parce qu’en fait, ce sont des centres qui sont souvent isolés, peu connus en fait du grand public, et souvent un petit peu confondus avec d’autres centres, on parlait tout à l’heure des centres fermés. Et donc il y a beaucoup d’incompréhension, et du coup forcément de préjugés, alors qu’on ne donne pas la parole aux personnes concernées. Et donc l’objectif c’était de leur donner la parole. On entend très souvent dans les médias parler de migration, très peu souvent finalement, avec la parole des personnes concernées directement. Et quand c’est le cas, la majorité du temps, c’est pour leur demander un petit peu leur parcours d’exil. Ici, le focus, il n’est pas là, il n’est pas sur le parcours d’exil, mais vraiment sur le ici et maintenant en Belgique. Comment vous vivez les choses dans ce centre en tant que famille, en tant que parent, en tant qu’enfant?
Format en série et choix linguistique
00:21:35
Michel GodartCe podcast était une série en fait, vous avez proposé cinq épisodes, donc c’est arrêté dans le temps, c’est pour écouter sur du long terme parce que ce podcast prend fin en termes de publication, mais il prend jamais fin parce que le sujet est toujours d’actualité en fait. Et voilà pourquoi c’est important d’aller écouter, s’abonner à ce podcast, lui mettre des petites étoiles et l’encourager c’est quand même sympa. Moi j’ai deux questions par rapport à ce podcast. La langue française? Ces gens ils viennent de tous les pays, donc comment on fait? (Adèle Dachy: Oui) Comment on communique?
00:21:57
Adèle DachyÇa a été un challenge évidemment, puisque comme tu le dis, c’est des personnes qui viennent de plein de pays différents. J’ai dû forcément m’arrêter sur ce critère de la langue, d’autant plus que le podcast ne permet que l’audio. C’était des personnes qui parlaient français, alors parfois avec un accent, souvent même avec un accent, mais j’ai fait en sorte que ce soit compréhensible et, vraiment, je vous invite de tout cœur à l’écouter parce que je pense que ça donne un peu un aperçu d’un lieu auquel sinon vous n’auriez pas accès. Et ça vous permet aussi d’être en empathie, je l’espère en tout cas, c’est vraiment l’objectif (Michel Godart: J’allais le dire) avec ces personnes qui vivent là. Parce que finalement ça pourrait être nous, c’est vraiment juste une question, c’est une des raisons pour lesquelles je travaille.
00:22:31
Michel GodartLa géopolitique change la vitesse de la lumière actuellement. Qui dit qu’un jour les gens du Groenland ou de la Belgique ne seront pas des réfugiés politiques dans un pays? Ben voilà, si vous voulez faire un rapport, il est rapidement fait. L’empathie, comprendre les autres, c’est les écouter, on ne peut pas avoir de l’empathie pour les gens qu’on n’écoute pas, si on ne peut pas observer un minimum de choses, si on n’est pas un peu curieux. Et on a un peu trop tendance à oublier l’esprit critique et la curiosité dans cette société donc j’ai envie de faire un petit rappel quand même gentil (Adèle Dachy: Exactement), sans leçon de morale aucune.
00:22:55
Adèle DachyEt je rebondis là-dessus parce qu’il y a une chanson qui me revient souvent en tête et qui guide un petit peu notamment mon métier, c’est la chanson “Né quelque part” de Maxime Leforestier, pour celles et ceux qui la connaissent, c’est vraiment ça. En fait j’ai eu la chance de naître en Belgique, j’ai eu la chance de vivre, voilà, la vie que je vis actuellement. Mais en fait, j’aurais pu naître dans tout à fait un faire un autre contexte, et comme tu le dis, les choses ne sont pas immuables, je pourrais très bien demain être réfugiée. Tout le monde peut demain réfugié, donc mettons-nous à leur place.
Pourquoi le format podcast
00:23:21
Michel GodartNotre histoire nous l’a montré 40-45, 14-18, il y a eu des réfugiés hein (Adèle Dachy: Exactement) donc heu… Il ne faut pas aller très loin pour se rappeler (Adèle Dachy: Tout à fait). Devoir de mémoire, entre autres, oblige je pense (Adèle Dachy: Exactement), donc voilà. pour le format podcast c’était pourquoi?
00:23:33
Adèle DachyAlors, il y a plusieurs raisons. Déjà, le podcast, ça permet de prendre le temps, comme on est en train de le faire. Ça permet d’éviter de faire une petite capsule vidéo qui va tellement résumer, donner un petit extrait que finalement ne va pas (Michel Godart: Puis mettre mal à l’aise aussi, peut-être). Qui peut mettre mal à l’aise, qui ne montre qu’une partie de la réalité. Alors je n’ai pas la prétention de montrer toute la réalité bien entendu dans ce podcast, mais disons que comme chaque épisode, il y a cinq épisodes qui font 10 à 20 minutes chacun, on a quand même le temps de donner la parole à différentes personnes et de ne pas couper absolument tout ce qu’ils disent. Bien entendu, j’ai dû couper, il y avait quand même 15h de rushs audio qui ont donné (Michel Godart: 15h Ah ouais!), voilà!
00:24:06
Adèle DachyDonc j’ai dû couper.
00:24:06
Michel GodartTu prends vraiment le temps de passer avec les gens pour leur laisser le droit de déposer la parole.
00:24:09
Adèle DachyExactement, voilà. Et par ailleurs, le fait de ne passer que par l’audio, et donc pas par de l’image, et donc effectivement, avec le public que j’ai interviewé, c’est des personnes, il faut se mettre à leur place encore une fois, qui sont dans cette situation quand même vraiment pas simple d’attendre de savoir : “Est-ce que la Belgique va être mon pays d’accueil? Est-ce que je vais pouvoir faire ma vie ici?”. Encore une fois, je parle des adultes mais je parle aussi des enfants.
00:24:30
Michel GodartPour les enfants, filmer c’est problématique.
00:24:31
Adèle DachyPour les adultes, mais aussi pour les enfants bien entendu. Et donc c’est vrai que le fait qu’on passe uniquement par de l’audio, ça permet en fait d’anonymiser le témoignage
00:24:40
Michel GodartÇa sécurise (Adèle Dachy: Ça sécurise). Et je vais aller plus loin, ça enlève même certains préjugés (Adèle Dachy: Tout à fait). C’est triste à dire, mais malheureusement on n’est pas dans une politique européenne qui va vers l’ouverture d’esprit pour l’instant (Adèle Dachy: Ouais), c’est le moins qu’on puisse dire.
00:24:50
Adèle DachyÇa c’est le moins qu’on puisse dire. Et alors, il y a autre chose aussi, qui n’est pas forcément propre au format podcast, mais sur lequel je voudrais revenir. Le fait que comme j’ai dit, le podcast s’arrête vraiment sur maintenant leur vie en Belgique et pas sur leur parcours d’exil. Alors bien entendu, il y a des liens à faire. Il y a des personnes qui ont parlé de leur parcours d’exil (Michel Godart: Ah oui c’est ça). Il y a certains passages que j’ai laissé sur ce sujet, parce qu’il y a des liens très clairs. Mais ce que je voulais surtout éviter, c’est ce qu’on appelle la retraumatisation, parce que voilà, c’est vraiment pas du tout l’objectif. L’objectif c’est de permettre aux personnes, aux auditeurs d’être en empathie. Donc c’est vraiment, l’appel que je vous fais aujourd’hui c’est d’aller écouter ce podcast, et d’essayer de vous mettre à leur place “Et si c’était moi?”
Droits des enfants en Belgique, recul des droits humains
00:25:24
Michel GodartC’est quoi l’état des lieux finalement en Belgique? Comment est-ce qu’on pourrait faire une carte de la situation en Belgique? De tout ce qui se voit à votre niveau? Vous êtes un relais témoin mais hyper important de la société.
00:25:35
Adèle DachyL’état des lieux, on en a parlé tout à l’heure et c’est sans surprise, c’est clairement un recul des droits humains, vraiment à tout niveau, et plus spécifiquement un recul des droits des enfants. Qui sont souvent les premiers impactés, que ce soit par des conflits armés, des discours populistes, des coupes budgétaires, tout ça en fait ça se traduit dans leur quotidien. Si je prends quelques exemples concrets, sur la justice par exemple, les enfants se retrouvent plongés dans un univers d’adultes, qu’ils ne comprennent pas. Et certains nous disent par exemple que le juge s’énerve, que l’avocat parle à leur place, ils ne disent pas du tout ce qu’ils voulaient dire, que ils repartent sans avoir été entendus, ça c’est au niveau de la justice. Au niveau des violences dans l’éducation, on en a parlé tout à l’heure, les gifles, les humiliations, les violences, qu’elles soient physiques, verbales, psychologiques, elles restent souvent perçu comme normales alors qu’elles ont des conséquences à court et à long terme. Dans le sport aussi, on travaille sur la violence dans le sport. Il y a une étude européenne qui montre que 80 % des adultes interrogés en Fédération Wallonie-Bruxelles ont subi au moins une forme de violence avant leurs 18 ans, c’est quand même des chiffres vraiment interpellant. On parle aussi de violences sexuelles, on estime que sur une classe en Belgique, 25 enfants, 2 à 3 enfants sont victimes d’inceste dans chaque classe, c’est vraiment des chiffres, je le dis intentionnellement, c’est vraiment difficile à entendre, mais je crois que c’est vraiment important d’en parler. Sur l’exploitation sexuelle, il faut aussi savoir qu’il n’y a pas de statistiques fiables, parce qu’un des gros problèmes, c’est qu’il n’y a pas d’outil de recensement systématique des cas en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Exploitation sexuelle : absence de statistiques fiables
00:26:58
Michel GodartPuis le tabou est derrière quoi!
00:26:59
Adèle DachyLe tabou est derrière exactement. On sait pour autant qu’il y a une hausse alarmante, et pourtant, on ne voit qu’une partie, la partie visible de l’iceberg. Il y a d’autant plus une explosion des cas depuis le confinement qui a été lié au Covid. Tous les enfants peuvent être touchés, on en parlait tout à l’heure aussi, donc il y a vraiment pas de profil type, tous les enfants peuvent être concernés.
00:27:17
Michel GodartTout ça, c’est vos études qui remontent quoi?
00:27:19
Adèle DachyNos études ou les études de partenaires, en effet (Michel Godart: Ouais, ouais), donc qui reviennent du terrain. Et puis sur ce qui concerne les enfants en migration, depuis cet été il y a des familles qui sont à la rue alors qu’elles devraient être accueillies par notre gouvernement. Des familles qui ont déposé une demande de protection internationale, une demande d’asile, le temps qu’on examine leur demande de protection, et qui devraient être dans ces centres qu’on a mentionné tout à l’heure dans le podcast, mais qui en fait, ne sont pas accueillis. Et donc des enfants qui vivent à la rue, des familles qui vivaient à la rue.
00:27:44
Michel GodartSont dans la nature, exposés à tout quoi!
00:27:46
Adèle DachyAlors qu’ils ont le droit d’être accueillis. Il y a aussi beaucoup de mineurs étrangers non accompagnés, donc des enfants qui sont venus seuls, sans parents, qui sont sans tuteur, donc un peu livrés à eux-mêmes parce qu’il y a un manque de tuteurs.
00:27:57
Michel GodartVous faites aussi des constats sur la prostitution et des choses comme ça, ça existe?
00:28:00
Adèle DachyIntentionnellement, on n’utilise pas le terme prostitution pour les enfants, mais exploitation sexuelle d’enfants parce que, à aucun moment, un enfant ne peut choisir d’être victimes d’exploitation sexuelle (Michel Godart: Évidemment oui), donc on utilise plutôt le terme victimes d’exploitation sexuelle. Et donc tout ça en fait, ça nous dit une chose, c’est que les droits des enfants pour l’instant ils sont plutôt vu comme secondaire dans la société, alors qu’en fait ils font partie intégrante de la société et c’est vraiment au cœur (Michel Godart: Plus que ça, c’est le futur de la société). C’est le futur mais c’est aussi le présent (Michel Godart: Oui, clairement), c’est les droits des enfants actuellement aussi.
00:28:29
Michel GodartEt quand tu parles enfant, on est d’accord, à un moment donné c’est 17-18 ans.
00:28:33
Adèle DachyOuais, un enfant c’est toute personne qui a moins de 18 ans.
00:28:35
Michel GodartVoilà, on est bien d’accord.
00:28:36
Adèle DachyC’est la définition au niveau légal.
00:28:38
Michel GodartOn a quand même le rappeler, c’est important.
00:28:39
Adèle DachyTout à fait, parce qu’on me parle souvent d’adolescents, c’est des enfants, aussi.
Numérique et algorithmes : quels risques pour les enfants
00:28:42
Michel GodartAlors Adèle, la société est en train de changer la vitesse Vvprime, et notamment, le monde digital change la vie de tout le monde et plus particulièrement l’arrivée des IA, de la désinformation, des fake news, de la manipulation de l’information, de l’ingérence d’informations. On en parle beaucoup dans les médias pour l’instant, est-ce que vous, dans votre travail, dans vos missions, ça commence à prendre de l’ampleur, à avoir des impacts et est-ce que ça révèle des enjeux.
00:29:06
Adèle DachyAujourd’hui, le monde en ligne en fait il fait partie du monde réel, il n’y a plus vraiment de frontière entre online et offline. On voit notamment que les algorithmes, qui sont loin d’être neutres, orientent les contenus sans transparence, parfois vers des discours violents, sexualisés, masculinistes. L’ia ouvre aussi des portes dangereuses, des outils par exemple, qui génèrent des images sexualisées, des applications, des jouets connectés, qui répondent à des enfants sans que ce soit adapté, sans mesurer les risques potentiels. Alors ici, évidemment l’enjeu, ce n’est pas de rejeter le numérique, le numérique qui fait partie de la société, mais de l’encadrer sérieusement.
00:29:39
Michel GodartC’est d’y mettre une éthique.
00:29:40
Adèle DachyExactement. En intégrant les droits de l’enfant dès la conception des technologies.
00:29:44
Michel GodartOuais, c’est ça. Est-ce qu’il y a d’autres choses qui sont des constats où on se dit “Ben tiens, est-ce que l’information circule plus vite? Est-ce que il y a vraiment des réseaux qui se mettent en place, qui peuvent être des dangers pour les enfants?”
00:29:52
Adèle DachyOn sait qu’au niveau de l’exploitation sexuelle, c’est évidemment toute une partie qui est extrêmement importante dans ce phénomène. On peut bien sûr imaginer les liens qu’il y a avec ça, des adultes qui parlent à des enfants en se faisant passer pour des enfants par exemple, et qui finalement essaient de gagner leur confiance sous couvert d’une fausse identité. C’est vraiment, il y a énormément d’enjeux qui sont liés au numérique.
00:30:12
Michel GodartAlors, j’imagine que ces réalités digitales, elles concernent tous les enfants, dans un centre d’accueil ou pas, ils ont peut être parfois des GSM aussi.
00:30:18
Adèle DachyAujourd’hui, tout le monde est en ligne et notamment les enfants, en particulier les jeunes, clairement. Donc en fait oui, ces risques (Michel Godart: Oui) ils concernent tout le monde. Et donc nous, on travaille pour défendre les droits de tous les enfants, quelle que soit leur statut, quel que soit leur background, quel que soit leur histoire, juste en termes, voilà, un enfant est un enfant et il a les mêmes droits que tous les autres enfants.
Droits des enfants en Belgique, bilan de DEI
00:30:36
Michel GodartQuel est un peu le bilan de votre travail? J’imagine que vous faites de temps en temps un bilan, voir où vous en êtes. Qu’est-ce qui fonctionne, qu’est-ce qui marche moins bien.
00:30:41
Adèle DachyEn ce qui fonctionne, et heureusement, c’est la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Donc c’est vraiment un texte solide, qui a été ratifié par presque tous les pays du monde, qui reste vraiment une boussole extrêmement forte et elle est au cœur de notre travail. Ce qui reste difficile, c’est sa mise en œuvre. La société civile, elle est fragilisée, les financements y sont de plus en plus maigres, les activités de défense des droits humains sont entravées. Et pourtant, avec peu de moyens, on arrive déjà à faire bouger les lignes, imaginez ce qu’on pourrait faire si ces droits étaient vraiment une priorité.
Comment soutenir l’association
00:31:10
Michel GodartAlors ce que tu viens de dire me tend de nouveau une perche pour une transition, on parle de ressources, qu’est-ce qu’on peut faire? Qu’est-ce que les citoyens, auditeurs et auditrices qui nous écoutent aujourd’hui peuvent faire pour vous aider? Je rappelle que c’est quand même un appel aux dons le message, donc c’est clair que les dons c’est hyper nécessaire, mais est-ce que vous avez d’autres besoins?
00:31:25
Adèle DachyEn effet, une manière de nous aider, c’est de nous soutenir financièrement, de soutenir des associations crédibles comme la nôtre, mais aussi de vous informer, et de partager. Donc ici par exemple, on a parlé du podcast, allez écouter le podcast (Michel Godart: Clairement), partagez-le avec votre famille, avec vos amis. On sait aussi la situation actuelle au niveau financier en Belgique, il y a beaucoup de personnes qui sont précarisées et qui sont dans des situations financières pas simples. Donc, si vous avez la possibilité de donner, même si c’est 1€, même si c’est 5€, c’est toujours ça. Si vous n’avez pas la possibilité de donner.
00:31:55
Michel GodartPartagez le podcast.
00:31:56
Adèle DachyEt si vous avez la possibilité de faire les deux c’est encore mieux, évidemment. Mais vraiment, mon appel aussi au niveau des professionnels qui travaillent avec des enfants, c’est de se former pour mieux travailler avec les enfants et mieux écouter leurs paroles, pouvoir recueillir leurs paroles.
Collaboration avec les entreprises
00:32:09
Michel GodartEst-ce que je pourrais faire, moi en tant qu’entreprise, un don vers votre asso et vous soutenir? Est-ce qu’on peut même envisager un partenariat de soutien, de support?
00:32:16
Adèle DachyTout à fait. Alors c’était justement mon troisième point qui est que les entreprises, elles ont évidemment un rôle à jouer, elles ont une (Michel Godart: Clairement) responsabilité sociétale. Et notamment on a parlé des technologies qui se développent, donc elles ont un rôle à jouer à ce niveau-là. On est toujours ouvert à toute collaboration, à toute idée de collaboration. Maintenant, il faut voir concrètement, voilà, comment ça se met en place. On a des règles éthiques aussi, pour travailler avec le privé, donc il faudra se poser les bonnes questions mais vraiment notre porte grande ouverte. Contactez-nous, on sera vraiment ravis de vous répondre.
Travail en réseau avec d’autres associations
00:32:42
Michel GodartAlors Adèle, est-ce que vous avez d’autres partenaires avec lesquels vous collaborez? Vous mettez en place aussi des synergies? Puisqu’il y a le plaidoyer avec les politiques, il y a les citoyens, l’éducation, les professionnels, mais il y a d’autres assos aussi. Vous collaborez avec d’autres assos?
00:32:53
Adèle DachyBien sûr, bien sûr, on a des plaidoyers communs avec d’autres associations effectivement, il y a plein d’associations qui travaillent pour faire en sorte que les droits des enfants soient respectés. Et donc on travaille vraiment en collaboration, en partenariat sur tous nos projets. C’est vraiment au cœur de notre travail. On ne fait pas cavalier seul, justement, on travaille ensemble en collaboration pour être plus forts et avoir un plus gros impact.
Où suivre et soutenir DEI Belgique
00:33:12
Michel GodartAlors tu as cité tantôt le podcast, tu as cité le site internet, je te propose qu’on va mettre dans le descriptif du podcast ici un lien pour les deux. On va quand même leur donner une indication de où vous suivre, où aller pour trouver des infos.
00:33:23
Adèle DachyPour nous soutenir, rendez-vous sur DEI tirets belgique point be, et aussi sur nos réseaux sociaux : Facebook, Instagram et LinkedIn. Je vous invite à parler de nos activités et de nos combats autour de vous. Et si vous pouvez, faites un don, vraiment chaque geste compte pour protéger les enfants ici et maintenant.
Droits des enfants en Belgique, message aux décideurs politiques
00:33:39
Michel GodartAlors Adèle, si on disait maintenant, tu as 60 secondes ou un peu plus, pour envoyer un message fort à nos décideurs, aux politiciens qui nous écoutent aujourd’hui, on espère qu’ils écouteront ce podcast. Qu’est-ce que tu aurais envie de leur dire?
00:33:50
Adèle DachyJe leur dirais Rappelez-vous de quand vous étiez enfant. On a tous été enfant, on a tous été enfant, remettez-vous dans la peau de l’enfant que vous étiez. Les droits de l’enfant, c’est pas un sujet secondaire, ils doivent être intégrés partout dans la justice, au niveau de la migration, du numérique, du social, de l’économie et surtout écoutez les enfants qui sont les premiers experts de leur propre vie.
Conclusion et appel aux dons
00:34:09
Michel GodartÇa, c’est le bon mot de conclusion, le bon mot de la fin. Adèle, je te remercie de m’avoir consacré ce temps, j’aimerais te consacrer plusieurs capsules parce que le sujet est trop important mais on l’a entendu, il est très, très, très, vaste. Par contre, ce qu’on va faire, c’est qu’on a la chance d’avoir un répondeur vocal. Donc les auditeurs et auditrices non seulement peuvent consulter votre site Internet, mais ils peuvent aller laisser un message vocal à ce podcast en réaction avec une question, une gratitude, une remarque. On vous transmettra ses questions, et ses remarques, et ses encouragements. Et s’ils nous disent qu’on peut partager leurs bonnes paroles de gratitude et de reconnaissance ou d’encouragement envers vous sur le web, eh bien on mettra leur voix en public aussi pour vous encourager, je vous le souhaite beaucoup. Je rappelle aux auditeurs et auditrices que cette capsule a un objectif majeur, important, primordial : faites un don. On mettra le lien nécessaire dans le texte du podcast. Adèle l’a dit 1€, 5€, cette petite somme vous pourriez vous dire elle est insignifiante, mais non, parce que si elle est multipliée par le nombre de citoyens dans votre cas, ça fait quand même une grosse somme, on en a vraiment besoin. Vous connaissez la situation politique en Belgique, c’est vraiment le moment de se bouger, d’être solidaires. Merci pour votre écoute à tous et à toutes, et à très bientôt pour de nouvelles aventures.
00:35:22
Adèle DachyMerci Michel. Merci à tous.
00:35:23
Michel GodartCe projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL “The Podcast Factory Org”, avec le sponsor de “transforma bxl – Innovation Playground”, espace de coworking à Evere. Depuis janvier 2025, et pour cinq années, nous sommes aussi sponsorisé par “Plugin Company”, notre opérateur de bornes et de cartes de recharge privilégié. “The Podcast Factory Org” est très fier d’être membre de “KAYA” – Coalition des Écopreneur et Écopreneures, et de collaborer avec le “Love Health Center”. Vous retrouverez tous les épisodes de tous nos podcasts sur le site “What’s Your Story point be”. N’oubliez pas de vous abonner à notre chaîne YouTube “The Podcast Factory Org”, nous y proposons le podcast en format vidéo avec la transcription en sous-titres en plusieurs langues. Tous nos podcast hrmeetup.©

Transcription intégrale de l’épisode — horodatages cliquables vers la vidéo. © The Podcast Factory Org. Sous-titres et traductions disponibles sur YouTube @thepodcastfactoryorg.

Questions fréquentes

Qui est Adèle Dachy ?

Adèle Dachy est responsable communication chez Défense des Enfants International (DEI), section Belgique. Elle est l’invitée de cet épisode consacré à l’état des droits des enfants en Belgique.

Où écouter cet épisode ?

En vidéo sur la chaîne YouTube @thepodcastfactoryorg et en audio sur les principales plateformes de podcast, ainsi que directement sur cette page.

Qu’est-ce que le Podcasthon ?

C’est une mobilisation mondiale de podcasteurs qui, le temps d’une semaine, consacrent leurs émissions à des associations pour faire connaître leurs missions et soutenir leurs causes.

Sources & transcription complète

  • Transcription intégrale : whatsyourstory.be
  • Épisode produit par The Podcast Factory Org asbl-vzw, enregistré chez transforma bxl.

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10. Quel est votre objectif principal sur les 12 prochains mois ?
11. Quel budget annuel pouvez-vous allouer à votre référencement ?
12. Quand souhaitez-vous démarrer ?
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