🗓️ Mis à jour le 27 juin 2026

– Comment les choses devraient être pour que je sois contente- Il (ou elle) aurait dû savoir que je préfère…- Si personne ne me le propose, c’est que …- Si ce n’est pas parfait, c’est raté- A mon âge, je devrais déjà …
– S’ils m’aimaient vraiment, ils sauraient…- …L’été est une période où les attentes explosent : – les vacances idéales- les retrouvailles parfaites- les injonctions du fameux Summer Body- la météo parfaite- les photos parfaites- le conjoint détendu (sourire)
Et puis il y a le syndrome de la Performance pré-vacances qui nous touche invariablement : boucler les dossiers, anticiper la rentrée, absorber le travail des collègues déjà partis, et survivre au rush de juin sans arriver sur les rotules (et sans étrangler notre chéri, voire nos loulous au passage).Et si, au sortir de tout cela, on choisissait simplement de se foutre la paix ?Un bon moyen ? On oublie les scripts.Déjà que, dans 99,99 % des cas, on n’a même pas pensé à les fournir aux acteurs.Le script invisible

OK, on n’a pas d’argument pour influencer la météo. Ni les voisins de chambre. Pas plus que l’humeur desdits loulous. On n’a pas de prise sur grand-chose en fait.
Ça, c’est le principe de réalité.Mais on l’occulte souvent, ce principe de réalité, dans la gestion de notre quotidien.Dans notre tête, on est plutôt du genre à écrire des scénarios parfaits : Chéri devrait dire cela, le livreur devrait être à temps, l’ami devrait faire cela… Nous créons la pièce comme elle devrait se jouer, avec NOS attentes, et nous distribuons les rôles de la journée. Ou de notre vie.Le problème ? Les acteurs de notre vie semblent improviser. Alors qu’en réalité, ils jouent simplement leur propre pièce, avec leurs règles et leur scénario, leurs attentes et leurs contraintes. C’est là que naissent la colère et la frustration, avec parfois ce sentiment d’être incomprise, mal aimée, mal entourée. Pourtant, quand on y songe, à partir du moment où nous voulons que notre scénario soit joué, nous nous auto-proclamons scénariste et metteur en scène… de la vie des autres. Voilà qui mérite réflexion, non ?Lâcher le script, ce n’est pas devenir le jouet des autres, c’est reprendre le rôle principal dans sa propre vie. C’est devenir pleinement responsable de ce que l’on choisit d’en faire, pas de la vie des autres.
C’est aussi devenir responsable des répliques que nous servons.Le bénéfice ? Il apparaît quand on cesse de lier notre paix intérieure aux performances d’acteur des autres. Et le bénéfice secondaire est loin d’être négligeable : accepter que les autres ont, eux aussi, le droit de jouer leur propre pièce. Au final, chacun y trouve son compte.Les filtres
Si les scripts influencent surtout notre manière de réagir, les filtres, eux, interviennent davantage dans notre façon d’interpréter les faits. Ils colorent nos perceptions et donc nos ressentis. Lesquels, nous sommes d’accord, participent grandement à l’élaboration de nos scripts.Il a oublié mon anniversaire ? → je ne compte pas pour lui (et je file sous la couette avec ma boîte de kleenex)Mon collègue est de mauvaise humeur ? → j’ai dû faire quelque chose de travers (et je me ronge les ongles et le ciboulot pour trouver quoi)Mon ado s’enferme dans sa chambre ? → il me rejette (et je me refais le procès de mes échecs éducatifs de ces 10 dernières années)Dans tous ces cas, le fait est neutre ou incomplet, mais notre cerveau le complète avec son filtre préféré.Un filtre particulièrement répandu consiste à croire que l’amour devrait rendre télépathe :‘S’ils m’aimaient vraiment, ils sauraient’ Ils sauraient que je n’aime pas la choucroute.Ils sauraient qu’il ne faut pas me parler de ma mère.Ils sauraient que j’ai besoin d’être rassurée.Ils sauraient quand j’ai passé une mauvaise journée.Quand c’est le moment de me parler et celui de me laisser tranquille.Ils sauraient même que la balance affichait + 500 gr ce matin.Pourtant, même les personnes qui nous aiment le plus ne vivent pas dans notre tête : croire que les autres ont accès à notre mode d’emploi est une merveilleuse manière de se pourrir la vie.Et puis il existe cette autre possibilité : et si notre filtre n’était pas le plus juste des deux ?On peut envisager la scène depuis l’autre rive : – je me sens moche → il me trouve belle- je sais que je n’ai pas les capacités → elle me voit telle que je suis : super compétente pour le projet- je suis nulle comme maman → mes enfants se vantent d’avoir une maman un peu déjantée- je suis habillée à la quatre-six-neuf → mes amis me trouvent toujours styléeFiltres ou réalité ? Les autres ont bien souvent un regard sur nous plus juste… que nous-mêmes quand il s’agit de nos talents, de nos qualités, de nos atouts. Alors, pourquoi ne pas leur faire confiance ? Et s’appuyer sur leurs certitudes, quand les nôtres ont besoin d’un coup de pouce.Le problème n’est pas que nous ayons des filtres. C’est que nous finissons souvent par les confondre avec les réalités.Nous ne voyons plus ce qui est, nous voyons ce que nous attendons.Ce que nous redoutons. Ce que nous croyons savoir.Admettre que nous sommes souvent à côté de la plaque est salutaire. Cela nous invite à mieux ouvrir les yeux. A considérer les choses d’un autre angle. Et à accepter de considérer que les autres, lorsqu’ils nous donnent un feedback flatteur, ont peut-être bien une meilleure perception de nous. C’est tout bon à prendre.
Et si on se planifiait un été tout en légèreté ?Commençons à parler en coûts. Combien d’énergie avez-vous dépensée cette semaine à attendre que quelqu’un ou quelque chose change ? A tenter d’infléchir les événements dans le sens de votre ‘script invisible’ ?
Faire le deuil de l’attente nous fait gagner en énergie, que l’on peut investir à meilleur escient.Accueillir ce qui est là, sans passer par le filtre de nos attentes, de nos exigences ou de nos jugements immédiats. Car lâcher les attentes, c’est aussi s’offrir le luxe de se laisser surprendre par la vie, et surtout de reprendre son pouvoir personnel.
Bref, et si cet été, nous nous accordions le droit de vivre sans filtre ?Sans décider à l’avance comment la journée devrait se dérouler.Sans deviner les intentions des autres.Sans interpréter chaque retard, chaque silence ou chaque maladresse ?Juste regarder ce qui est là.Comme on enlève ses lunettes de soleil quelques instants pour vérifier la couleur véritable du ciel.
Cet été, on pourrait essayer.Juste pour voir.Cela pourrait devenir addictif.Détendez-vous et profitez du voyage !CaroLyne

Photos © Galina Nelyubova et Andrej Lisakov via Unsplash.
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